Les trois textes de
ce dimanche nous invitent à croire en un Dieu capable d’aller
à la rencontre de l’être humain dans le plus creux de sa misère, de sa douleur,
de son
désespoir, de sa mort… et de le ramener à la lumière, à la vie et en terre de
bonheur.
«Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez;
je vous installerai sur votre terre, et
vous saurez que je suis le Seigneur; je l’ai dit et je le ferai.»
Soyons conscients
de ce qu’implique la foi au Dieu qui donne la vie en Jésus.
Elle implique non seulement de croire à la résurrection, mais de croire aussi
que
la souffrance et la mort sont un chemin d’accès à la vie.
La
foi nous met en communion de pensée et d’amour avec le Dieu vivant; et la mort
est
un passage qui consacre cette communion, qui immortalise ce que tu es aux yeux
de Dieu,
son enfant-bien-aimé, et ce que Dieu est pour toi, un
père qui t’accueille auprès de
Lui. Crois-tu cela?
Les tombeaux dont
parle le prophète Ézéchiel sont ceux à l’intérieur desquels tu te
caches, dans lesquels tu t’enfermes : ce sont la déception, les tristesses, le
découragement, la peur, la haine. Ce sont ces tombeaux que le Seigneur veut
ouvrir
dès aujourd’hui. Crois-tu cela?
Chaque jour,
veillons à éclairer notre foi, à la nourrir, à la ressourcer, à la
préserver des errances. Vivons en cherchant à demeurer toujours plus «sous
l’emprise de l’Esprit», c’est-à-dire en nous employant à ne faire que le bien.
Suivons
Jésus aujourd’hui à Béthanie, son havre de repos, la maison de
l’amitié où il peut ordinairement se reposer. Celui que tu aimes est malade.
Mais aujourd’hui il est pris d’émotion devant le tombeau de Lazare. Jésus
est viscéralement un homme et ces larmes de l’amitié qui montent devant la
dépouille de quelqu’un qu’on aime. Jésus aimait Marthe et sa sœur… et
Lazare. (Jn 11,5)Cet homme si semblable à nous reste le TOUT-AUTRE. Il se
dit l’Envoyé de Dieu. Il se dit la voie : la vérité, la vie, l’eau, le pain,
la
lumière, la vigne, la nourriture, le breuvage, le berger». Et Marthe
ne s’y trompe pas et lui donne sa véritable identité :
Tu es le Messie, le Fils de Dieu.(Jn 11, 27)
Le
Christ a été l’un de ces hommes qui ont tellement fait honneur à l’être
humain qu’on ne peut que le respecter.
IL EST L’UNIQUE
PONT, L’UNIQUE PONT QUI VA DE
LA TERRE AU CIEL. En dehors, c’est l’abime. (C. de Sienne)

Carême A
17 avril 2011
(Is 50, 4-7 Phil 2 6-11 Mt 26, 14-27, 66)
Les
RAMEAUX :
PRENEZ
COURAGE! Le Seigneur regarde le cœur
La semaine
des contrastes
En lisant la
passion selon saint Matthieu, on est étonné de constater que tout au long
de ce qui lui arrive, Jésus demeure habituellement silencieux. On l’accuse, on
se
moque, on l’insulte et Jésus se tait. Le silence de Jésus manifeste la
profondeur de
son attachement à ceux et celles pour qui il consent à souffrir et à mourir.
Nous vivons une
semaine à l’image du monde où le bien et le mal coexistent,
où la joieet la souffrance semblent inséparables. C’est la dramatique humaine.
Aujourd’hui, on l’acclame : Hosanna! Hosanna! Et dans
quelques jours on
criera : Crucifie-le! Crucifie-le!
La croix est
déconcertante, elle est échec apparent, elle est humiliation, elle est
ou nous semble disproportionnée, elle l’est spécialement pour le Christ, elle
s’accompagne souvent d’un sentiment de solitude, voire
d’abandon. Le Christ abandonné par les premiers communiants de la veille,
ses apôtres prévenus et façonnés par trois ans de formation intensive et surtout
apparemment abandonné par son Père lui-même. «Mon Dieu, mon
Dieu pourquoi m’as-tu abandonné»? (Mt 27, 45)
Il aurait fallu la
souffrance, le rejet, la solitude et la mort pour que le Christ
naisse à la résurrection. Ce chemin de résurrection est aussi le nôtre. «Le
disciple
n’est pas au-dessus de son maître.» (Mt 10, 24)
Le chrétien sait
depuis son baptême, qu’il devra, comme le Christ, passer par
une certaine mort, pour accéder à la résurrection. Il n’y a de Pâques que s’il
y
a eu Vendredi saint. Un jour ou l’autre il rencontrera la Croix et son mystère.
Ce mystère est
grand. Heureux sommes-nous de le connaître, d’y croire et
de pouvoir en vivre dès maintenant.
Comment
la mort du Seigneur nous ouvre-t-elle à une vie pleine d’espérance
par sa résurrection et sa victoire définitive sur le péché et la mort elle-même?
Des proches et des amis vivent peut-être des
situations qui s’apparentent au
chemin de croix de Jésus et qui nécessitent notre
soutien et notre prière… Les voyons-nous?

Jeudi Saint
21
avril 2011
(Ex 12, 1-8.11-14 1 Cor 11,23-26 Jn 13, 1-15)
PRENEZ
COURAGE! Le Seigneur regarde le cœur
Pour
être disciple se faire serviteur
La
Cène constitue en quelque sorte une récapitulation de la vie de Jésus.
Jésus se présente à
nous comme celui qui veut servir et non pas être servi. Le contraire
serait pourtant tout à fait légitime. Le récit du lavement des pieds précise
comment Jésus
se met à notre service. Il s’humilie. Il prend la condition de serviteur, lui
qui est le
Maître. Et Jésus nous dit : «C’est un exemple que je vous ai donné afin que
vous
fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.» (Jn 13, 14) Il est insuffisant
de se dire
disciple du Christ-Serviteur; il y a à se faire soi-même serviteur, comme lui,
par amour,
dans l’humilité et jusqu’en étendant les bras sur une croix, si cela nous est
demandé.
Ne serait-ce pas ce
qui caractérise le christianisme de devenir serviteurs les uns des
autres comme le Christ nous en a donné l’exemple?
«Sachant que
l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père» (Jn 13,3) :
la mort plane. Jésus se sait le condamné à mort en veille d’exécution. Et
l’ambiance
est d’autant plus lourde que flotte aussi une ambiance de trahison; parmi ceux
qui
ont l’honneur de partager son dernier repas, ceux qu’il a choisis,
éduqués, choyés, il y a un traître…
Jésus éprouve le
besoin de dire des paroles d’affection, d’amour. J’ai désiré d’un
grand désir prendre ce repas avec vous et Jean peut dire que ce soir-là «il
les aima
jusqu’au bout.» «Mes petits-enfants, comme je vous ai aimés» et même à
Judas il
dira : «Mon ami…»
«Je vous donne
un commandement nouveau : aimez-vous les uns les
autres; commeje vous ai aimés, aimez-vous.» (Jn 13, 34) A ceci, tous
reconnaîtront que vous êtes mes disciples.
L’Eucharistie :
c’est le signe de l’Amour qui veut rester présent. L’Eucharistie,
c’est la nourriture de route, c’est le repas anticipé des Noces de l’Éternité.
Pour
prolonger au milieu des chrétiens ces gestes dans lesquels Jésus a donné sa vie,
Jésus, ce soir-là a fait de ses apôtres et de leurs successeurs les chargés
de mission de l’Eucharistie.
Devant le mystère
de l’Eucharistie, l’homme est invité à devenir lui-même
Eucharistie, c’est-à-dire «Action de grâce.» «Que nous sommes aimés! Que
nous sommes aimés!» (François Mauriac)
Dans le royaume de
Dieu il n’y a pas «ceux qui servent» et «ceux qui sont servis».
Il y a des frères et des sœurs qui s’entraident sur le chemin de la vie dans
la construction de ce royaume.
Que l’Eucharistie
nous rassemble, qu’elle nous donne le goût de la fraternité, qu’elle
nous entraîne à nous mettre au service des uns et des autres!
Nous sommes au
vingt et unième siècle, et nous célébrons toujours le repas du
Seigneur, dans la tradition reçue et l’attente de son retour!

Vendredi
Saint
22 avril 2011
(Is 52, 13-53,12 Héb 4, 14-16; 5, 7-9 Jn 18, 1-19,42)
PRENEZ
COURAGE! Le Seigneur regarde le cœur
Tout
un amour
Le
Crucifié du Vendredi Saint n’est pas un personnage quelconque même si,
étendu sur le bois, il nous apparaît en tout semblable à nous. Il souffre, il
gémit
comme nous pouvons le faire mais il est le Fils de Dieu. «Il n’y a pas de
plus
grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.» (Jn 15, 13)
Pourquoi la croix
du Christ? Nous connaissons la réponse. Il fallait aller jusque-là
dans l’amour pour que nous soyons sauvés de l’abîme du mal qui est en nous.
Inutile de se
tailler des croix sur mesure, la vie se charge bien de nous les fournir,
mais donnons–leur un sens : « la croix que l’on porte est moins gênante que
la
croix que l’on traîne.» (Ste Thérèse d’Avila)
Le fait de savoir
que Dieu et son Christ souffrent avec le monde qui est en croix
nous permet de vivre dans l’espérance. Dans cette espérance que, pour le monde
comme pour le Christ, le chemin de la souffrance sera un chemin
de résurrection et de vie.
Jésus est mort
pour témoigner jusqu’au bout de sa volonté de sauver le monde,
pour révéler l’amour du Père et entraîner les humains hors des ornières du
pouvoir,
de l’avoir, du valoir, en les arrachant à leurs désirs illimités qui les
empêchent
de se tourner vers l’essentiel : Dieu.
Levons
donc notre regard vers celui qui a consenti à se laisser transpercer
par amour. Et que notre regard en soi un de foi, d’amour, de prière, de
silence contemplatif et d’espérance.

Samedi Saint
23
avril 2011
Veillée
pascale
PRENEZ
COURAGE! Vous êtes des pierres vivantes
Gn1, 1-2.2 Ex 14,15-15,
1a Rom 6, 3b-11 Mt 28, 1-10
Lumières
dans la nuit
Le
monde que nous habitons est souvent dur, injuste violent, inhumain. On nous
le crie chaque jour dans les journaux, à la télévision, à la radio. Et nous,
nous
sommes parfois égoïstes, intransigeants. La violence, la haine, la jalousie
ont aussi leur demeure en nous. Ne pas le voir, c’est être aveugle et plein
d’orgueil.
Le cierge pascal
est l’un des plus beaux symboles chrétiens que nous possédons.
Lumière du Christ! a chanté celui qui portait le cierge dans les ténèbres et
nous
avons répondu : Nous rendons grâce à Dieu! Cette lumière est signe du Christ
sorti du tombeau. Elle proclame que Jésus, mis à mort est revenu à la vie.
La lumière du
Christ éclairait notre visage et celui des voisins. Nous avions tous
des visages remplis de lumière, éclairés par le Christ-lumière. Tous ensemble
nous
éclairions l’église dans laquelle nous étions. Nous devons devenir des êtres
qui
portent la lumière du Christ non seulement dans leur main mais aussi et
surtout
dans leur cœur. Disons à tous que le Christ est ressuscité, car il
importe que
l’humanité entière reconnaisse son Sauveur et l’acclame.
Comment devenir
des pierres vivantes pour faire Église aujourd’hui? Quels
gestes pouvons-nous, devons-nous poser ensemble, comme chrétiens et chrétiennes,
dans la situation actuelle, avec nos limites et nos faiblesses, mais aussi avec
nos forces et nos ressources peut-être sous-exploitées?
La lumière de
Pâques nous est donnée pour que nous soyons lumière du monde.

Dimanche de
Pâques
24 avril 2011
Ac 10,34a.37-43 Col 3, 1-4 Jn 20, 1-9
PRENEZ
COURAGE!
Vous êtes des pierres vivantes
Le
Ressuscité vit avec nous
Le
Christ est ressuscité! Événement unique dans l’histoire du monde. Notre foi
en la résurrection du Christ repose sur notre foi en Dieu créateur du ciel et de
la terre.
Ce qui est précieux pour nous c’est le témoignage des premiers disciples qui ont
d’abord vu Jésus de son vivant, puis sur la croix, qui ont constaté sa mort et
trois jours plus tard l’ont retrouvé vivant. Ils ont alors été transformés.
Nous sommes nous
aussi invités à nous laisser transformer en fixant notre regard
sur lui, en aimant comme lui, en pardonnant comme lui, en étant fidèle comme
lui…
et ainsi de suite. À cause du Christ, à cause de l’Esprit ça devient possible
pour nous.
Vivons comme des ressuscités! Vivre en ressuscité, c’est
faire confiance à Dieu
d’abord, à moi et aux autres ensuite. Vivre en ressuscité,
c’est être convaincu que je
suis aimé de Dieu, malgré
mes lâchetés, mes
faiblesses, mes fragilités, mes péchés… C’est aller dire aux
autres, à ceux qui souffrent, qu’ils sont enfants de Dieu, qu’ils sont dignes de
Dieu et
que Dieu les veut près de lui pour toujours.
La Résurrection de
Jésus n’est pas seulement un fait passé. Il est sorti vivant du
tombeau et il est toujours vivant et agissant dans le monde. La résurrection de
Jésus
n’est pas seulement un retour à la vie, mais le passage à une vie nouvelle.
Pour la
première fois, dans le Christ, la mort a trouvé son maître. Une immense
espérance
traverse dorénavant cette humanité qu’un rien stupide peut anéantir.
Avec le Christ
glorifié, l’un de nous, un homme de notre espèce, est entré comme
le premier-né d’une multitude de frères dans le paradis de Dieu. Le Christ est
parmi
nous l’espérance de la Gloire, en Lui, l’avenir véritable de l’homme est donné.
Pourquoi ce matin
n’éprouverions-nous pas le besoin d’aller crier au monde l’Alléluia
pascal ! Témoigner de la résurrection du Christ, ce serait peut-être à
contre-courant
de ce que pensent et vivent bien des gens! Mais confiance, le Christ ressuscité
nous
aide à nous tenir debout. Sachons témoigner de l’espérance qui nous habite
depuis
que le Seigneur a vaincu la mort. Sa puissance nous habite.
Christ est
ressuscité ! Nous n’avons rien à craindre. Le Ressuscité vit avec nous.
«Le
Ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle.»
ALLÉLUIA !
Que Pâques nous
donne d’être des hommes et des femmes d’espérance!
Joyeuses Pâques !
