Carême 2011

 

MERCREDI DES CENDRES
9 mars 2011  (Mt 6, 1-6.16-18)

Le temps du Carême, comme temps de pénitence et de renouvellement,
a commencé à se constituer au IVe siècle. Ce temps du Carême n’est pas
seulement un temps de sacrifice ou de pénitence, c’est en pensant davantage
à Jésus que nous devons nous appliquer à le vivre.  Mais garder les yeux sur
Lui, le suivre et l’imiter est exigeant.  Cela demande de choisir entre la vie
d’amour que propose le Christ et nos petites satisfactions, nos ambitions
personnelles à saveur un peu égoïste.

Le mercredi des Cendres marque le début du Carême et est un jour
où nous sommes particulièrement invités à en faire un jour de jeûne et
d’abstinence.  Il symbolise notre désir personnel de conversion à Dieu.
En recevant les Cendres nous exprimons avec humilité et sincérité de cœur
que nous voulons croire vraiment à l’Évangile, nous convertir en nous
laissant regarder et aimer par le Seigneur.

Trois piliers nous sont proposés pour bien vivre notre Carême
et nous préparer à la grande fête de Pâques :

La prière :
purifie nos intentions et élève ce que nous faisons vers Dieu.

Le jeûne :
nous détache du confort et de nous-mêmes et nous fait prendre
conscience de l’amour dont nous sommes aimés.

L’aumône :
nous rappelle notre solidarité avec les pauvres de la grande
famille de Jésus et que la vraie richesse est dans l’Amour de Dieu.

Au départ, c’est Dieu qui nous met en route : «Revenez à moi de tout
votre cœur.»  Laissons Dieu nous redire la tendresse et la bonté du
regard qu’il pose sur chacun et chacune de nous.

Seigneur, fais que je vive ce Carême avec le désir sincère de grandir
en amour, me préparant ainsi dignement à célébrer les Saints Mystères
de Ta Passion, Ta mort et Ta Résurrection.

1er dimanche du Carême A  13 mars 2011
( Gen 2,7-9; 3, 1-7   Ro 5, 12-19  Mt 4, 1-11)

PRENEZ COURAGE!Le Seigneur regarde le cœur

La mise à l’épreuve…  et l’accueil du don de Dieu 

L’Évangile de ce jour nous parle des 40 jours de Jésus au désert  (Mt 4, 1)
temps de préparation à sa mission.  On y  voit Jésus aux prises avec des choix à faire.
Il doit affronter les obstacles de toute vie humaine.  Ce Jésus est parfaitement
homme : il a faim, il a soif, il mange, il boit, il est fatigué, il connaît nos limites,
nos fragilités humaines.  Ce n’est que progressivement qu’il  perçoit le sens de sa
mission. Tout au long du Carême, nous aurons nous aussi, des choix à faire pour
vivre ajustés au vouloir de Dieu, en renonçant à ce qui peut s’acquérir sans effort,
à marchander avec Dieu et à notre désir de tout contrôler.  C’est au cœur de l’épreuve
que se vérifie la valeur, la profondeur de l’amour. Il est bon de  prendre conscience
des limites et des fragilités quotidiennes de notre vie, tout en ouvrant notre cœur à
l’accueil de l’offre gratuite de Dieu, de son amour, de sa Parole, de son pardon.
Nous sommes donc invités à purifier nos cœurs et nos esprits, et à les ouvrir à
l’accueil de l’offre gratuite de Dieu : de son amour, sa Parole, de son pardon, et
à fixer notre regard sur ce Dieu AMOUR en nous tournant vers Lui.  Sa Parole est
un guide sûr et réconfortant.  Il ne quitte jamais du regard le cœur inquiet et
désemparé qui cherche sa voie.   Ainsi nous pouvons fredonner :  

TU ME REGARDES AVEC AMOUR SEIGNEUR,
JE SUIS DANS LA PAIX ET DANS LA JOIE. 

Adoptons le regard de Dieu : regard qui pénètre le cœur de l’autre et qui en
fait jaillir toute la générosité, toute la beauté, toute la grandeur et qui fait vivre. 

Quels combats sommes-nous prêts à livrer pour demeurer et être toujours plus
d’authentiques disciples du Christ? 

2e dimanche du Carême A  20 mars
( Gen 12,1-4a    Tim 1, 8b-10    Mt 17, 1-9 )

 PRENEZ COURAGE!  Le Seigneur regarde le cœur

Ouvrir nos yeux à sa Présence

Le récit de la transfiguration a pour nous une portée bien concrète. Il nous rappelle
l’importance de rencontrer le Christ et de
savoir «qui» il est vraiment, pour nous
mettre résolument à son écoute, pour lui faire entièrement confiance et pour nous
engager fermement sur le difficile chemin de conversion et de lutte qu’il a tracé
pour nous. Il nous y appelle pour que nous soyons libres et désencombrés,
disponibles à sa parole d’amour et de pardon.

Ces efforts de conversion mènent à la transfiguration, à la lumière, à la vie.
Ils sont sources d’un renouvellement intérieur de tout notre être en faisant mourir
en nous ce qui nous éloigne du Christ et à cultiver ce qui nous en rapproche.
La transfiguration est une invitation à découvrir sa véritable identité
de Fils de Dieu et de Messie. 

  Les appels de l’Esprit sont toujours neufs.  Ils se manifestent à travers ce que nous
avons à vivre : une réussite, un échec, une décision importante à prendre, une
maladie…   Il nous faut s’engager sur cette route aride, même si elle semble
difficile  -- mais la seule  -- qui conduit à Pâques.

Nous croyons que Dieu continue d’écrire son nom dans notre vie personnelle,
dans la marche du monde et dans celle de l’Église.  Mais il demeure que ce n’est
jamais évident de marcher vers «le pays de Dieu».

 Le Christ transfiguré veut toujours se faire proche de nous pour que notre monde
célèbre la vie et en profite avec reconnaissance. 

La vie chrétienne est un long Carême… une longue marche, mais un carême qui
se termine par la Résurrection, et la vie par l’entrée dans la Gloire qui est
la Transfiguration définitive.   

Pourquoi sommes-nous  des chrétiens, alors que chez tant d’autres l’appel à la
foi et à une foi agissante ne les a pas encore touchés? Comme Abraham, comme
Pierre, Jacques et Jean, nous sommes les choisis de Dieu, les privilégiés du Thabor.

3e dimanche du Carême A 27 mars 2011
(Ex. 17,3-7   Rom 5, 1-2.5-8  Jn 4,5-42)

PRENEZ COURAGELe Seigneur regarde le cœur

 Il connaît notre soif

«Celui qui boira l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif.»  (Jn 4, 14)

 La source à laquelle s’est abreuvée la Samaritaine demeure à notre disposition.  Cette
source c’est le Christ.  Cette source, c’est la certitude que «Dieu nous aime».  Cette
source peut tout changer dans une vie. 

L’Esprit Saint met en nos cœurs l’amour de Dieu lui-même et nous rend capables
d’aimer  comme lui, dans la force de l’amour.  Nos ténèbres, nos fautes, nos blessures,
n’éloignent pas le Christ de nous.  Elles attirent plutôt.   Qui que nous soyons, qu’elle
qu’ait été notre vie jusqu’à ce jour, le Christ nous offre rien de moins que la «
source
jaillissante pour la vie éternelle
» qui a autrefois transformé la vie d’une femme de
Samarie et qui peut aujourd’hui transformer la nôtre. 

Jésus  lit dans le cœur de la Samaritaine, cela l’invite à porter sur elle-même un regard
neuf, porteur d’une vie nouvelle.  Jésus lui fait voir que sa vie n’est pas ratée et
qu’elle a de l’avenir.  C’est là une source d’eau vive qui jaillit dans sa vie desséchée.

Rencontrer Jésus n’est pas le privilège de ceux et celles qui se croient bien portants et
cultivés, ni de ceux et celles qui connaissent bien les Écritures et les lois de l’Église.
Pour le rencontrer, il n’y a qu’une condition :
AVOIR SOIF. «Si tu savais le
don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi
qui lui en aurait demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive.» ( Jn 4, 10)

 Cette page d’Évangile nous trace un programme comme chrétiens(nes) et comme Église.
Elle nous invite à un accueil inconditionnel des personnes qui cherchent, de celles qui se
présentent avec ce qu’elles sont : avec leur passé, leurs expériences et leur bonne volonté.

 Dieu m’attend, me précède, me devance, il m’attend dans ma Samarie,
dans cette partie de mon être où se trouvent mes besoins : argent,
gourmandises, agressivités, rejets…!

Cette eau vive promise par Jésus à la Samaritaine est cette eau qui apaise à la fois
la soif, le manque, mais en même temps qui fait désirer encore et toujours la
rencontre.  L’Être humain est désir de Dieu. Tu nous as fait pour Toi, Seigneur,
et notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en Toi.
 (S. Augustin)

Jésus nous donne de passer de l’univers du besoin à celui du désir de la rencontre. 

 Soyons témoins du Christ et sachons à notre tour offrir l’eau vive à
celles et ceux qui croiseront notre route
.

4e dimanche du Carême A  3 avril 2011
(Sam. 16, 6-7; 10-13a   Eph. 5, 8-14   Jn 9, 1-41) 

PRENEZ COURAGELe Seigneur regarde le cœur 

Qui sont les vrais aveugles? 

Ce ne sont pas toujours ceux que l’on pense.  Nous sommes dans les ténèbres
dès notre naissance.  Nos ténèbres évoquent aussi nos limites, nos incapacités
à nous réaliser, à trouver le chemin du bonheur, à rendre le monde plus
habitable. Nous sommes aveugles quand nous jugeons sur les apparences et que
nous négligeons d’aller au cœur des personnes, des événements.  Nous sommes
aveugles quand nous ne reconnaissons pas notre valeur, notre dignité, nos
trésors et ceux des personnes qui nous entourent.  Nous sommes aveugles quand
nous nous croyons seuls à posséder la vérité, quand nous portons des jugements
sans nuance et négatifs, quand nous refusons de reconnaître la vie, le renouveau
qui surgit au cœur des événements et de notre quotidien. 

Se laisser illuminer, c’est passer dans la lumière du Fils de Dieu, c’est entrer
dans son univers, c’est participer à sa joie.  C’est aussi se mettre à la suite du
Christ pour œuvrer avec lui et comme lui.

Par la foi et le baptême, le Christ nous ouvre les yeux afin que nous puissions
voir du regard de la foi les événements, les autres et aussi Dieu.  Nous sommes
investis d’une mission, celle d’être témoins du Seigneur là où nous vivons.
Pourquoi ne pas devenir
une communauté de lumière!

 Que Dieu nous éclaire.  Qu’il nous fasse voir quel est notre état.  Qu’il agisse
en nous avec force.  Et que sa grâce, que l’Eucharistie communique abondamment,
nous rendre perméables au  Christ, qui est la «
lumière du monde». 

La pire infirmité de toutes, disait Jacques Lebreton, c’est d’être amputé de Dieu.

 Partons à la découverte de la personne adorable du Christ qui dit aujourd’hui
dans l’Évangile : Je suis la lumière du monde.(Jn 8, 12)

Devenons des voyants de l’action de Dieu dans le monde
en regardant les autres avec le regard de Dieu qui Lui regarde le cœur.

5e dimanche du Carême A   10 avril 2011
(Ez 37, 12-14   Rom 8, 8-11   Jn 11, 1-45)

PRENEZ COURAGE!  Le Seigneur regarde le cœur

«Crois-tu cela ?»

Les trois textes de ce dimanche nous invitent à croire en un Dieu capable d’aller
à la rencontre de l’être humain dans le plus creux de sa misère, de sa douleur, de son
désespoir, de sa mort…  et de le ramener à la lumière, à la vie et en terre de bonheur.
«
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez; je vous installerai sur votre terre, et
vous saurez que je suis le Seigneur; je l’ai dit et je le ferai.»

Soyons conscients de ce qu’implique la foi au Dieu qui donne la vie en Jésus.
Elle implique non seulement de croire  à la résurrection, mais de croire aussi que
la souffrance et la mort sont un chemin d’accès à la vie.

 La foi nous met en communion de pensée et d’amour avec le Dieu vivant; et la mort est
un passage qui consacre cette communion, qui immortalise ce que tu es aux yeux de Dieu,
son enfant-bien-aimé, et ce que Dieu est pour toi, un père qui t’accueille auprès de
Lui.  Crois-tu cela?

Les tombeaux dont parle le prophète Ézéchiel sont ceux à l’intérieur desquels tu te
caches, dans lesquels tu t’enfermes : ce sont la déception, les tristesses, le
découragement, la peur, la haine.  Ce sont ces tombeaux que le Seigneur veut ouvrir
dès aujourd’hui.  Crois-tu cela?

 Chaque jour, veillons à éclairer notre foi, à la nourrir, à la ressourcer, à la
préserver des errances.  Vivons en cherchant à demeurer toujours plus «sous
l’emprise de l’Esprit», c’est-à-dire en nous employant à ne faire que le bien.

 Suivons Jésus aujourd’hui à Béthanie, son havre de repos, la maison de
l’amitié où il peut ordinairement se reposer. Celui que tu aimes est malade.
Mais aujourd’hui il est pris d’émotion devant le tombeau de Lazare.  Jésus
est viscéralement un  homme et ces larmes de l’amitié qui montent devant la
dépouille de quelqu’un qu’on aime.  Jésus aimait Marthe et sa sœur… et
Lazare. (Jn 11,5)Cet homme si semblable à nous reste le TOUT-AUTRE.  Il se
dit l’Envoyé de Dieu.  Il se dit  la voie : la vérité, la vie, l’eau, le pain, la
lumière, la vigne, la nourriture, le breuvage, le berger».  Et Marthe
ne s’y trompe pas et lui donne sa véritable identité :

Tu es le Messie, le Fils de Dieu.(Jn 11, 27)

 Le Christ a été l’un de ces hommes qui ont tellement fait honneur à l’être
humain qu’on ne peut que le respecter.

IL EST L’UNIQUE PONT, L’UNIQUE PONT  QUI VA DE
LA TERRE AU CIEL.  En dehors, c’est l’abime. (C. de Sienne)

Carême A  17 avril 2011
(Is 50, 4-7   Phil 2 6-11   Mt 26, 14-27, 66) 

 Les RAMEAUX :

 PRENEZ COURAGE!  Le Seigneur regarde le cœur

La semaine des contrastes

 En lisant la passion selon saint Matthieu, on est étonné de constater que tout au long
de ce qui lui arrive, Jésus demeure habituellement silencieux.  On l’accuse, on se
moque, on l’insulte et Jésus se tait. Le silence de Jésus manifeste la profondeur de
son attachement à ceux et celles pour qui il consent à souffrir et à mourir.

 Nous vivons une semaine à l’image du monde où le bien et le mal coexistent,
où la joieet la souffrance semblent inséparables.  C’est la dramatique humaine.
Aujourd’hui, on l’acclame : 
Hosanna!  Hosanna! Et dans quelques jours on
criera : 
Crucifie-le!  Crucifie-le!

 La croix est déconcertante, elle est échec apparent, elle est humiliation, elle est
ou nous semble disproportionnée, elle l’est spécialement pour le Christ, elle
s’accompagne souvent d’un sentiment de solitude, voire
d’abandon. Le Christ abandonné par les premiers communiants de la veille,
ses apôtres prévenus et façonnés par trois ans de formation intensive et surtout
apparemment abandonné par son Père lui-même. «
Mon  Dieu, mon
Dieu pourquoi m’as-tu abandonné
»?  (Mt 27, 45)

 Il aurait fallu la souffrance, le rejet, la solitude et la mort pour que le Christ
naisse à la résurrection.  Ce chemin de résurrection est aussi le nôtre.  «
Le disciple
n’est pas au-dessus de son maître
.» (Mt 10, 24)

 Le chrétien sait depuis son baptême, qu’il devra, comme le Christ, passer par
une certaine mort, pour accéder à la résurrection.  Il n’y a de Pâques que s’il y
a eu Vendredi saint.  Un jour ou l’autre il rencontrera la Croix et son mystère.

Ce mystère est grand. Heureux sommes-nous de le connaître, d’y croire et
de pouvoir en vivre dès maintenant.

 Comment la mort du Seigneur nous ouvre-t-elle à une vie pleine d’espérance
par sa résurrection et sa victoire définitive sur le péché et la mort elle-même?

Des proches et des amis vivent peut-être des situations qui s’apparentent au
chemin de croix de Jésus et qui nécessitent notre
soutien et notre prière… Les voyons-nous?

Jeudi Saint  21 avril  2011
(Ex 12, 1-8.11-14   1 Cor 11,23-26   Jn 13, 1-15)

 PRENEZ COURAGE!  Le Seigneur regarde le cœur

 Pour être disciple se faire serviteur

 La Cène constitue en quelque sorte une récapitulation de la vie de Jésus

Jésus se présente à nous comme celui qui veut servir et non pas être servi.  Le contraire
serait pourtant tout à fait légitime.  Le récit du lavement des pieds précise comment Jésus
se met à notre service.  Il s’humilie.  Il prend la condition de serviteur, lui qui est le
Maître.   Et Jésus nous dit : «C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous
fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.» (Jn 13, 14)  Il est insuffisant de se dire
disciple du Christ-Serviteur; il y a à se faire soi-même serviteur, comme lui, par amour,
dans l’humilité et jusqu’en étendant les bras sur une croix, si cela nous est demandé.

Ne serait-ce pas ce qui caractérise le christianisme de devenir serviteurs les uns des
autres comme le Christ nous en a donné l’exemple? 

«Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père» (Jn 13,3) :
la mort plane
. Jésus se sait le condamné à mort en veille d’exécution.  Et l’ambiance
est d’autant plus lourde que flotte aussi une ambiance de trahison; parmi ceux qui
ont l’honneur de partager son dernier repas, ceux qu’il a choisis,
éduqués, choyés, il y a un traître… 

Jésus éprouve le besoin de dire des paroles d’affection, d’amour.   J’ai désiré d’un
grand désir  prendre ce repas avec vous et Jean peut dire que ce soir-là «il les aima
jusqu’au bout.»  «Mes petits-enfants, comme je vous ai aimés
» et même à Judas il
dira : «Mon ami…»

«Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les
autres; commeje vous ai aimés, aimez-vous.»
(Jn 13, 34) A ceci, tous
reconnaîtront que vous êtes mes disciples.

 L’Eucharistie : c’est le signe de l’Amour qui veut rester présent.  L’Eucharistie,
c’est la nourriture de route, c’est le repas anticipé des Noces de l’Éternité. Pour
prolonger au milieu des chrétiens ces gestes dans lesquels Jésus a donné sa vie,
Jésus, ce soir-là a fait de ses apôtres et de leurs successeurs les chargés
de mission de l’Eucharistie.

 Devant le mystère de l’Eucharistie, l’homme est invité à devenir lui-même
Eucharistie, c’est-à-dire «Action de grâce.»  «Que nous sommes aimés! Que
nous sommes aimés!»
  (François Mauriac)

 Dans le royaume de Dieu il n’y a pas «ceux qui servent» et «ceux qui sont servis».
Il y a des frères et des sœurs qui s’entraident sur le chemin de la vie dans
la construction de ce royaume.

Que l’Eucharistie nous rassemble, qu’elle nous donne le goût de la fraternité, qu’elle
nous entraîne à nous mettre au service des uns et des autres!

 Nous sommes au vingt et unième siècle, et nous célébrons toujours le repas du
Seigneur, dans la tradition reçue et l’attente de son retour!

 

Vendredi Saint 22 avril  2011
(Is 52, 13-53,12   Héb 4, 14-16; 5, 7-9   Jn 18, 1-19,42)

 PRENEZ COURAGE!  Le Seigneur regarde le cœur

 Tout un amour

 Le Crucifié du Vendredi Saint n’est pas un personnage quelconque même si,
étendu sur le bois, il nous apparaît en tout semblable à nous.  Il souffre, il gémit
comme nous pouvons le faire mais il est le Fils de Dieu.  «Il n’y a pas de plus
grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.» 
(Jn 15, 13)

Pourquoi la croix du Christ?  Nous connaissons la réponse.  Il fallait aller jusque-là
dans l’amour pour que nous soyons sauvés de l’abîme du mal qui est en nous.   

  Inutile de se tailler des croix sur mesure, la vie se charge bien de nous les fournir,
mais donnons–leur un sens :   « la croix que l’on porte est moins gênante que la
croix que l’on traîne.»
 (Ste Thérèse d’Avila)

Le fait de savoir que Dieu et son Christ souffrent avec le monde qui est en croix
nous permet de vivre dans l’espérance. Dans cette espérance que, pour le monde
comme pour le Christ, le chemin de la souffrance sera un chemin
de résurrection et de vie.

 Jésus est mort pour témoigner jusqu’au bout de sa volonté de sauver le monde,
pour révéler l’amour du Père et entraîner les humains hors des ornières du pouvoir,
de l’avoir, du valoir, en les arrachant à leurs désirs illimités qui les empêchent
de se tourner vers l’essentiel : Dieu.

 Levons donc notre regard vers celui qui a consenti à se laisser transpercer
par amour.  Et que notre regard en soi un de foi, d’amour, de prière, de
silence contemplatif et d’espérance.

 

Samedi  Saint  23 avril  2011

Veillée pascale  

 PRENEZ COURAGE!  Vous êtes des pierres vivantes
Gn1, 1-2.2   Ex 14,15-15, 1a   Rom 6, 3b-11   Mt 28, 1-10

 Lumières dans la nuit

 Le monde que nous habitons est souvent dur, injuste violent, inhumain.  On nous
le crie chaque jour dans les journaux, à la télévision, à la radio.   Et nous, nous
sommes parfois égoïstes, intransigeants.  La violence, la haine, la jalousie
ont aussi leur demeure en nous.  Ne pas le voir, c’est être aveugle et plein d’orgueil.

 Le cierge pascal est l’un des plus beaux symboles chrétiens que nous possédons.
Lumière du Christ!  a chanté celui qui portait le cierge dans les ténèbres et nous
avons répondu :  Nous rendons grâce à Dieu!  Cette lumière est signe du Christ
sorti du tombeau.  Elle  proclame que Jésus, mis à mort est revenu à la vie.

La lumière du Christ éclairait notre visage et celui des voisins.  Nous avions tous
des visages remplis de lumière, éclairés par le Christ-lumière.  Tous ensemble nous
éclairions l’église dans laquelle nous étions.  Nous devons devenir des êtres qui
portent la lumière du Christ non seulement dans leur main mais aussi et
surtout
dans leur cœur.
Disons à tous que le Christ est ressuscité, car il importe que
l’humanité entière reconnaisse son Sauveur et l’acclame.

 Comment devenir des pierres vivantes pour faire Église aujourd’hui?  Quels
gestes pouvons-nous, devons-nous poser ensemble, comme chrétiens et chrétiennes,
dans la situation actuelle, avec nos limites et nos faiblesses, mais aussi avec
nos forces et nos ressources peut-être sous-exploitées?

 La lumière de Pâques nous est donnée pour que nous soyons lumière du monde.

 

Dimanche de Pâques 24 avril 2011
 
Ac 10,34a.37-43   Col 3, 1-4    Jn 20, 1-9

 PRENEZ COURAGE!
Vous êtes des pierres vivantes

 Le Ressuscité vit avec nous

 Le Christ est ressuscité!  Événement unique dans l’histoire du monde.  Notre foi
en la résurrection du Christ repose sur notre foi en Dieu créateur du ciel et de la terre.
Ce qui est précieux pour nous c’est le témoignage des premiers disciples qui ont
d’abord vu Jésus de son vivant, puis sur la croix, qui ont constaté sa mort et
trois jours plus tard l’ont retrouvé vivant.  Ils ont alors été transformés.

 Nous sommes nous aussi invités à nous laisser transformer en fixant notre regard
sur lui, en aimant comme lui, en pardonnant comme lui, en étant fidèle comme lui…
et ainsi de suite.  À cause du Christ, à cause  de l’Esprit ça  devient possible pour nous.
Vivons comme des ressuscités! Vivre en ressuscité, c’est faire confiance à Dieu
d’abord, à moi et aux autres ensuite.
Vivre en ressuscité, c’est être convaincu que je
suis aimé de Dieu, malgré

mes lâchetés, mes faiblesses, mes fragilités, mes péchés… C’est aller dire aux
autres, à ceux qui souffrent, qu’ils sont enfants de Dieu, qu’ils sont dignes de Dieu et
que Dieu les veut près de lui pour toujours.

 La Résurrection de Jésus n’est pas seulement un fait passé.  Il est sorti vivant du
tombeau et il est toujours vivant et agissant dans le monde.  La résurrection de Jésus
n’est pas seulement un retour à la vie, mais le passage à une vie nouvelle.  Pour la
première fois, dans le Christ, la mort a trouvé son maître. Une immense espérance
traverse dorénavant cette humanité qu’un rien stupide peut anéantir.

Avec le Christ glorifié, l’un de nous, un homme de notre espèce, est entré comme
le premier-né d’une multitude de frères dans le paradis de Dieu.  Le Christ est parmi
nous l’espérance de la Gloire, en Lui, l’avenir véritable de l’homme est donné.

Pourquoi ce matin n’éprouverions-nous pas le besoin d’aller crier au monde l’Alléluia
pascal !  Témoigner de la résurrection du Christ, ce serait peut-être à contre-courant
de ce que pensent et vivent bien des gens!  Mais confiance, le Christ ressuscité nous
aide à nous tenir debout.  Sachons témoigner de l’espérance qui nous habite depuis
que le Seigneur a vaincu la mort.  Sa puissance nous habite.

Christ est ressuscité !  Nous n’avons rien à craindre.  Le Ressuscité vit avec nous.

 «Le Ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle.» ALLÉLUIA !

 Que Pâques nous donne d’être des hommes et des femmes d’espérance!

 

Joyeuses Pâques !