Les Sœurs de l’Enfant-Jésus à Rivière-du-Loup

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             Les Sœurs de l’Enfant-Jésus-de-Chauffailles que les lois antireligieuses de 1901, en France, avaient forcé à fermer leurs écoles, cherchaient en toute confiance un pays qui les accueillerait. Et c’est au Québec, sur la Côte-Nord, à la demande de Mgr Gustave Blanche, eudiste, vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent - aujourd’hui le diocèse de Baie-Comeau - que le 12 juillet 1912, s’est implanté le premier rameau de cette Congrégation fondée à Chauffailles, le 14 septembre 1859 par sœur Reine Antier. Elles étaient quatorze à être transplantées en quatre endroits où elles prodiguaient les fruits de leur apostolat aux jeunes confiés(es) à leur sollicitude. (Rivière-au-Tonnerre, Sept-Iles, Pointe-aux-Esquimaux, aujourd’hui Havre St-Pierre, et Nathasquan).

            Quoique heureuses dans leur fonction et appréciées par les gens des divers milieux, les religieuses souffraient des rigueurs du climat, de l’isolement, des difficultés de communication avec la France et surtout de l’impossibilité de réaliser le rêve qu’elles caressaient depuis leur arrivée: l’ouverture d’un noviciat pour assurer la relève et permettre à l’arbre naissant d’étendre ses rameaux sur le pays. Mais comment solutionner l’énigme ? !!!                                              

                        Intervention de la Providence. Le Révérend père Thomas Couët, ayant exercé pendant quelques mois son ministère sur la Côte-Nord, avait eu l’occasion de côtoyer les Sœurs de l’Enfant-Jésus. Prédicateur de retraite, le père Couët connaissait le désir de l’abbé Thibaudeau, curé  de St-François-Xavier de Rivière-du-Loup, de  trouver des religieuses pour enseigner aux filles de sa paroisse, car celles-ci fréquentaient le collège tenu par les Frères des Écoles Chrétiennes et des institutions laïques. 

            L’occasion naissait d’elle-même. Les religieuses rencontrèrent Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec. Au courant du projet, il l’approuva hautement et son auxiliaire, Mgr Paul-Émile Roy, fut le protecteur et le meilleur conseiller de cette fondation. 

            Dès juillet 1916, trois religieuses sont venues visiter la paroisse et le site proposé. Elles furent gagnées à la cause par la cordialité de monsieur le curé Thibaudeau et la bienveillance de la population. Immédiatement, les démarches furent entreprises pour la construction d’un couvent devant abriter huit classes et un noviciat. En mai 1917, sœur Marie-de-l’Incarnation et sœur Marcellin furent invitées, en présence des ouvriers, de quelques paroissiens et d’élèves, à lever la première pelletée de terre pour la construction du Berceau de la Congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus, sur la rue Pouliot. 

            Le 6 juillet de la même année, les sœurs arrivèrent de la Côte-Nord, amenant avec elles une postulante en la personne de sœur Reine (Claire Bezeau) qui trouva ici une autre jeune fille, Bernadette Bérubé, native de cette paroisse (Sr Marie-Télesphore) elles furent bientôt rejointes par  trois autres jeunes filles natives, elles aussi, de St-François-Xavier. 

            En attendant la construction du couvent, les Sœurs logèrent dans la partie de l’église, occupée aujourd’hui par la sacristie et la salle du soubassement. En septembre, elles prirent la direction de six classes de filles dans les salles du collège.


Sacristie de Saint-François-Xavier


Collège des Frères des Écoles chrétiennes

            La communauté avait, entre-temps, renforcé ses rangs avec l'entrée de cinq autres jeunes filles. Un rameau de la famille de Reine Antier prenait racine à Rivière-du-Loup.

           Dès 1925, le couvent, déjà trop exigu pour abriter et les religieuses et les élèves, exigeait un agrandissement. Le 15 juin 1926 commence la construction d’une aile pour le noviciat et les membres de la Communauté. La première partie de 1917 sera entièrement consacrée aux élèves.

 

            En 1928, la demande de la Commission scolaire d’ouvrir une classe anglaise pour les enfants des familles anglaises catholiques ou protestantes de Rivière-du-Loup est acceptée. Cette classe restera ouverte jusqu’en 1961.          

            De 1939 à 1965 : le cours commercial est dispensé jusqu'à son  transfert à l'école Saint-Pierre en 1965. 

            1950 :  la Congrégation est autorisée à ouvrir un Scolasticat-école normale pour la formation de ses jeunes sœurs. 

             Mai 1951 : ouverture d’un juvénat et projet d’une École ménagère. Les religieuses étudient la possibilité de construire une annexe qui devait être terminée en juin 1952. 

             1957-1958 : des jeunes filles sont admises au scolasticat et reçoivent leurs cours dans l'ancienne maison du fermier au 73 rue St-Elzéar, devenue « Maison Saint-Joseph ».

             D'année en année, le nombre des élèves toujours grandissant réclame davantage d'espace. De leur côté, les religieuses voient les vocations se multiplier. De plus, elles songent à l'ouverture d'un Juvénat et d'une école Ménagère. La construction d'une deuxième aile, du côté est, de la partie primitive, terminée à l'été 1952, permettra d'installer l'école Ménagère moyenne, dès la rentrée ainsi que plusieurs classes du cours secondaire. 

             1959 :  Après quarante et un ans d'existence, cette institution qui compte vingt classes et cinq cent neuf élèves accueille parmi les religieuses enseignantes, sa première institutrice laïque en la personne de mademoiselle Annette Lévesque.  En 1965, la section d'arts ménagers est transférée au couvent du Bon-Pasteur.          

             Le Berceau de la Congrégation  fut vendu à la Commission scolaire en juin 1976. La démolition des deux premières annexes datant de 1917 et 1926 eut lieu à l’été 1990.  L’annexe de 1952 est encore visible et tient lieu d’une aile à l’école élémentaire St-François. En 1981, la Commission scolaire devient propriétaire du couvent des Sœurs.

     

En 1989, la partie centrale et la première annexe de cette institution, tombent sous le pic des démolisseurs.  Seule l'aile la plus récente est restée debout.

    
Nouvel immeuble, désigné sous le nom d'école St-François-Xavier





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