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Expansion
de la mission
au Tchad

À notre dernière
relation sur la présence des Soeurs de
l'Enfant-Jésus au Tchad,
nous nous étions
laissés
sur le retour de S. Annette et de S. Claudia
à Laï,
après 6 mois d'exil à Guidari.
Dès leur arrivée
à Laï, nos vaillantes missionnaires se
sont mises au travail :
S. Claudia a
commencé sa
vie de brousse : traitements, soins,
couture, prévention
et formation à
l'hygiène. S. Annette a assuré, peu à peu,
une présence active
à l'école
Kisito, au centre de couture, et à la
maison de Laï.
11 septembre 1982
: Grande émotion au village, 1 000
militaires, font leur
apparition.
L'école Kisito est
envahie, c'est l'insécurité partout.
Plus d'école,
sécheresse et famine
sévissent, les gens vivent dans la peur
permanente
devant la présence des
militaires.
Heureusement, nos
soeurs peuvent aider la population avec
l'argent de
Caritas Japon, et l'intervention
de la Croix-Rouge, mais c'est très peu
devant tant de souffrances.
Les missionnaires se
serrent les coudes ; une grande
solidarité se crée
entre les capucins de
la mission et
les soeurs qui voient leur groupe se
renforcir avec l'arrivée de S. Ide Aiko.
(juin 82) et de S. Myake Yolo
(octobre 82).
L'épreuve continue de
s'abattre sur la petite communauté, car S.
Claudia entre
en France
en novembre 83 pour y mourir d'un
cancer. Cette amie des pauvres
offre
sa vie pour les Tchadiens
qu'elle aime tant.
Octobre 84 :
L'arrivée de S. Arizono Yoriko et de S.
Clotilde Chénard ranime
l'espérance de
cette
communauté marquée par la situation de
guerre qui persiste.
Noël de cette
année 1984 fut apparemment triste :
pas de chants à l'église,
pas de danses
dans le quartier,
à cause de la présence des
militaires.
Ça été un Noël d'intériorité,
et qui nous dira le sens qu'a pris pour ses
gens la
Parole d'Isaïe ? "Le
peuple qui marchait dans les ténèbres a vu
se
lever une grande lumière !"
Un reflet
d'espérance traverse le climat qui demeure
tendu :
le 12 mai 1985, nos soeurs se
rendent à
Moundou pour le sacre d'un
nouvel évêque,
Mgr Gabriel Balet, capucin suisse.
C'est une grande joie
pour
la chrétienté du Tchad, mais ce
dernier mourra tragiquement dans l'accident
d'avion qui s'est
écrasée dans le Sahara en septembre 89.
À travers peines et
joies, la mission se construit à Laï et en
banlieue.
Nos soeurs forment une
communauté
de 5 personnes. Elles apportent leur
collaboration à la paroisse de Deressia,
s'insèrent à l'école Kisito, au
Centre de couture, travaillent à la
création d'un jardin d'enfants, à la
promotion féminine et aux soins de
santé, dans le village et
dans les brousses
environnantes.
Le temps n'est-il
pas venu d'élargir le champ missionnaire
?
Progressivement, la communauté
passe de 5 à 10
soeurs par les arrivées
successives des
soeurs : Uchida Mariko, Étiennette
Lebel, Wakiyama Mikiko,
Nagase Sayoko et Owan Tomiko.
En janvier 1988, à
la demande de Mgr Vandame, archevêque de
N'Djaména,
S. Lucille Tardif, alors
supérieure générale, autorise quelques
soeurs à se rendre
dans cette ville pour
juger de la situation.
Après discernement, 3 soeurs sont
mandatées pour s'occuper du Centre
d'accueil de Kabalaye, situé
sur le terrain
de l'évêque de M'Djaména
; ce sont : SS. Annette Bérubé,
Nagase Sayoko et
Wakiyama Mikiko.
Par leur dévouement et leur sens de
l'accueil, elles
redonneront vie au Centre.
Bientôt, s'ajoute
S. Graziella Grandmaison, et la joie règne
en cette
communauté, si bien que quelques
mois après l'arrivée des soeurs dans la
capitale, Mgr Vandame ne
craint pas d'écrire : "Un des
plus beaux cadeaux
de mon mandat,
fut l'arrivée des soeurs de l'Enfant-Jésus
au Centre d'accueil".
Quel
réconfort pour nos soeurs !
Toujours à la
demande des évêques, un nouveau rameau
prendra racine à
Guidari en avril 1989. Quatre de nos soeurs éliront domicile dans
ce nouveau
champ d'action : S.
Wakiyama Mikiko, S.
Owan Tomiko et S. Uchida Mariko,
ainsi que
S. Étiennette Lebel qui se joindra à elles
sans tarder. Tout est à faire :
réparation des
bâtiments : dispensaires, résidence,
centre de couture, chapelle ;
réorganisation des services pour les
malades, les enfants de l'école, et
collaboration
avec les prêtres
pour la vie de la communauté
chrétienne. Nos soeurs se mettent
courageusement à l'oeuvre, essayant
de continuer le travail fait par leurs
devancières, les Soeurs Oblates de S.
Joseph qui ont quitté pendant la guerre.
Ces trois insertions, à
Laï, à N'Djaména, et à Guidari voient
leur champ
d'apostolat s'élargir d'année
en année,
et ne cessent de progresser avec une
relève
qui se maintient. La mission compte
aujourd'hui 13 Soeurs de
l'Enfant-Jésus,
et a bénéficié
occasionnellement de l'aide de dévouées
laïques. Cette expansion
se réalise
à l'intérieur d'une Église où l'Esprit
Saint est manifestement à l'oeuvre.
De 4 diocèses à l'arrivée de nos
soeurs en 1980, cette Église est passée à
8 diocèses
pendant les 15 dernières
années. Elle compte actuellement
3 évêques tchadiens
et une trentaine de
prêtres issus du pays.
Les Soeurs de
l'Enfant-Jésus fêtent cette année le
25ème anniversaire de leur
arrivée à
Laï, et ce sera
l'occasion de jeter un regard sur ce quart
de siècle
pour y découvrir la présence
fidèle et amoureuse de
Dieu, et pour continuer
la route avec un
élan nouveau.
Bon Jubilé, chères
soeurs, et longue vie à l'Église
tchadienne !
Par Lucile Tardif,
r.e.j.

  


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