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Fondations
              
Fondation en France – Chauffailles 1859
Il y a 150 ans, Dieu choisit Reine Antier, âgée de 58 ans, pour
fonder la congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles.
Pour elle, jamais ce projet n’avait effleuré son esprit.
Elle se voit ainsi conduite sur un chemin plein d’incertitudes,
d’ombres, de souffrances de toutes sortes, de rejets même. Un cri
sans cesse monte vers Dieu : « Que veux-tu de moi, Seigneur »?
C’est la nuit. Quelle est donc la volonté de Dieu sur elle et sur la
communauté existante? Reine vit un long chemin d’obscurité à
travers une prière confiante.
Dans un sérieux discernement, elle cherche la lumière. Elle se rend
auprès du curé d’Ars pour lui demander conseil. Rassurée par ses
paroles « Dieu vous veut à Chauffailles », elle
accepte d’avancer dans la foi. A l’exemple de Marie, elle se livre
au projet de Dieu et lui dit « oui » dans un abandon total. Aussi,
elle fait confiance à ses sœurs qui peuvent choisir de rester à
Chauffailles ou de retourner au Puy.
L’amour puisé dans la contemplation du mystère de l’Incarnation la
pousse à avancer coûte que coûte, s’abandonnant au Dieu fidèle pour
qui « rien n’est impossible ».
Aujourd’hui, avec Reine Antier et avec toutes les sœurs qui nous ont
précédées, osons dire du fond du cœur : « Fiat… Mon Dieu, que
votre volonté soit faite » ! (Lettres
de Reine Antier, p. 100)
         
Fondation au
Japon en 1877
Ce projet d’une fondation au Japon a mûri dans le cœur de Reine
ANTIER et de Monseigneur PETITJEAN durant plusieurs années… 1860…
1877… Ces deux missionnaires de l’Amour, sûrs de l’appel du
Seigneur, s’accordent pour cette fondation.
En 1877, quatre sœurs quittent leur pays, leurs familles pour le
lointain Japon et cela pour la vie… Ce sont : Sœur Marie-Justine,
36 ans, dont le cœur est malade et qui sera la responsable de la
future communauté ; Sœur Elie, 28 ans ; Sœur François-de-Borgia, 27
ans et Sœur Bernardine, 23 ans.
En apprenant la nouvelle de cette future fondation, Mgr Bouange
écrit à Reine Antier : « Avec quel bonheur j’apprends que
l’un de nos meilleurs vœux va être réalisé, que la sainte et si
chère Église du Japon va recevoir notre famille. De quel cœur je
bénis ces chères enfants (…). Le Seigneur sera avec elles : qu’elles
aient pleine confiance, attendant tout de Lui, rapportant tout à sa
gloire».
Embarquées le 20 mai à Marseille, ce n’est que 52 jours plus tard
qu’elles accostent à Kobe. On peut imaginer qu’un grand esprit de
foi et d’abandon habite le cœur de ces vaillantes missionnaires.
Elles arrivent dans un pays complètement inconnu dont elles ne
connaissent ni la langue ni les coutumes. Dans
une toute première lettre, Sœur Justine écrit : « On nous apporte
des bébés et rien n’est prêt pour les recevoir, ni nattes, ni
berceaux. Nous avons accommodé nos malles et nos caisses à cet
effet. »
Les communications avec la France sont lentes, ce qui plonge nos
sœurs dans une situation de détachement propre aux
missionnaires. Dieu devient leur Maître et leur « supérieure ».
Des nouvelles réconfortantes parviennent à Reine ANTIER. Une sœur
lui écrit: « Je suis heureuse, ma bonne Mère, de vous dire que
nous sommes bien unies toutes les quatre, que nous nous aimons bien,
(nous souvenant) de vos dernières recommandations : <La charité,
mes enfants, la Charité ! Il faut beaucoup vous aimer pour faire le
bien en mission> ».
Avant de mourir, en 1883, Reine ANTIER a la consolation de savoir en
plein accroissement cette œuvre si chère à son cœur. Elle lui avait
envoyé onze sœurs et un noviciat était canoniquement érigé.
La mort de Mgr PETITJEAN, en octobre 1884, fut pour la mission une
perte immense qui plongea dans le deuil l’Église du Japon.
         
Fondation au
Canada en 1912
A la mort de Reine Antier, la congrégation compte 356 professes, 16
novices et 7 postulantes. Elle possède 111 établissements.
Malheureusement, les lois de 1901 (en France) assènent un
coup terrible à la congrégation. 70 écoles sont fermées le même jour
et les Sœurs, expulsées de leurs locaux. En tout, 102 établissements
sont détruits. Pourtant, la
congrégation conservait une existence légale, due à un décret de
l’empereur Napoléon III, qui l’autorisait en tant que Société
enseignante et hospitalière.
Dans le but de poursuivre l’œuvre de l’éducation des filles, des
Sœurs se sécularisent. La congrégation perd la plupart des jeunes
Sœurs et le noviciat est fermé. Quelles prières ferventes montent
vers le Seigneur face à cet avenir si sombre!
Les Supérieures se débattent dans d’innombrables difficultés sans
pourtant jamais perdre confiance. Comme beaucoup d’autres
communautés religieuses, elles cherchent à s’implanter hors de
France. En 1903, Des sœurs partent en Italie.
Et voici qu’une demande inattendue vient intensifier leur
espérance! Mgr Gustave BLANCHE, Vicaire apostolique du Golfe
St-Laurent, de la province de Québec au Canada, désire vingt Sœurs
pour diriger les écoles de filles dans plusieurs de ses paroisses.
Au cours de l’été 1912, elles seront, non pas vingt mais quatorze à
débarquer sur la Côte Nord et à se répartir dans quatre postes :
Sept-Iles, Pointe-au-tonnerre, Pointe-aux-Esquimaux et
Natashquan.
Les conditions de vie des Sœurs sont extrêmement difficiles. Le
climat est rigoureux et l’isolement immense. De plus, elles
perçoivent la stérilité de leurs efforts pour découvrir des
vocations dans ces milieux. Elles
cherchent donc un endroit plus favorable pour réaliser leurs
desseins.
La Providence veille sur elles. En avril 1916, par
l’intermédiaire d’un Père dominicain, elles apprennent que le
curé de St-François-Xavier, de Rivière-du-Loup, cherche des
religieuses pour son école de filles. Des démarches sont vite
entreprises et, le 7 mai 1917, deux Sœurs arrivent dans cette ville.
Au cours de l’été, douze autres Sœurs s’ajouteront dont deux
françaises venant directement du Japon où elles étaient
missionnaires.
La construction du couvent n’étant pas terminée, les Sœurs
s’établissent dans la sacristie de l’église. Les lieux sont exigus
mais l’avenir s’annonce prometteur et les sœurs sont heureuses. A
peine arrivées, elles accueillent six jeunes filles comme
postulantes. Le Seigneur manifeste ses largesses et ses dons. Qu’il
en soit béni et glorifié !
Le 5 septembre, cinq d’entre elles déménagent à Saint-Ludger,
paroisse voisine, pour dispenser l’enseignement aux filles dans un
couvent… encore inexistant!
Prenons le temps de nous émerveiller du grand esprit
congrégationnel qui animait nos sœurs. Voyons quelques exemples
choisis parmi nos Sœurs arrivées sur la Côte Nord :
- Mère Ildephonse, missionnaire au Japon depuis 17 ans, accepte de
venir au Canada. Après son retour en France, en 1919, elle
retournera
au Japon pour cinq autres années.
- Sr Marie-Priscilla, 22 ans, est professe depuis un mois seulement!
- Sr Emérence était allée en Italie pendant plus de trois ans.
- Sr Marie-Baptistine a 25 ans lorsqu’elle arrive au Québec.
Cependant, depuis longtemps, elle avait au cœur le désir d’être
missionnaire au
Japon. Son rêve se réalise en 1930 lorsqu’elle part pour ce pays
avec Sr Saint-Paul (canadienne) . Elle y restera 22 ans et Sr
St-Paul 36 ans.
Et ce n’est pas tout! Trois sœurs françaises, missionnaires
au Japon, sont venues directement de ce pays pour fonder
en terre canadienne. Elles ont été envoyées par Mère St-Elie,
l’une des quatre fondatrices choisies et envoyées au Japon
par Reine Antier en 1877. Ce sont :
- S. Marie-de-l’Incarnation qui a 26 ans de vie missionnaire. Elle
avait fait profession des mains de Reine Antier.
- Sr Stanislas, avec une expérience de 26 ans aussi au Japon. Elle
était novice quand Reine Antier est décédée. Elle mourra
subitement en
1914 à Pointe-aux-Esquimaux.
- Sr Marcelle qui était au Japon depuis 14 ans.
Et lorsqu’en 1917, les sœurs de la Côte-Nord essaiment vers
Rivière-du-Loup, deux autres Sœurs françaises, missionnaires au
Japon, viennent les rejoindre :
- Sr Marie-Flavie, missionnaire depuis 23 ans et Sr
St-François-Xavier, depuis 10 ans. Celle-ci y retournera en 1928
accompagnée de Sr St-
Stanislas, première sœur canadienne à partir pour le Japon.
Comment ne pas nous émerveiller du témoignage de ces
sœurs totalement données au Seigneur et qui se sont montrées
disponibles pour le servir en tous lieux ! Oui, ces sœurs pouvaient
chanter : « Tu es, Seigneur, mon héritage ! Mon bonheur, c’est
toi! »
         
Fondation en
République dominicaine en 1969
En 1967, la Province du Canada célèbre dans l’action de grâce le 50e
anniversaire de son implantation à Rivière-du-Loup. La Province est
florissante. Elle compte près de 250 sœurs et plusieurs novices et
postulantes.
En décembre, une demande pressante de Monseigneur Juan Félix Pepén,
évêque d’Higuëy, en République Dominicaine, vient intensifier
l’esprit missionnaire des sœurs. Monseigneur Pepén écrit à Mère
Rose de Lima, Supérieure provinciale :
« Nous avons un urgent besoin de religieuses pour prendre en main
l’enseignement et l’éducation dans nos paroisses les plus
déshéritées …. Je vous en supplie, ma Révérende Mère, si vous
pouviez disposer de deux ou trois religieuses, vous rendriez un
service indispensable à l’Amérique Latine. »
Ce vibrant appel, faisant écho à celui lancé récemment par la CRC
aux Supérieures majeures, ne reste pas sans réponse. Mère Rose le
partage aux membres de son Conseil et aux sœurs. S’enclenchent
alors des réflexions et des démarches en vue de concrétiser ce
projet qui correspond si bien à notre charisme. En mars 1968,
voyage en R.D. de Mère Rose et de Sœur Marie de la Trinité
(Madeleine Gendron) ; rencontre avec Mgr Pepén ; visite de
différentes localités. Malheureusement, à peine de retour au Québec,
Mère Rose tombe malade. Elle qui désirait tant cette œuvre décède le
4 mai…C’est du haut du ciel qu’elle continuera d’appuyer ce
projet.
Le 15 janvier 1969, arrive le moment de la réalisation : Sœur
Noëlla Frève et Sœur Solange Paradis partent pour aller fonder en
République Dominicaine. Mais en quel endroit?... Pour réaliser
quelle œuvre?... Où loger?... Pour aller de l’avant dans
l’abandon et la confiance, peut-être se répètent-elles ce verset
du livre de Josué : « Sois sans crainte car Yahvé ton Dieu est
avec toi partout où tu iras. »
Josué 1, 9
Les recherches commencent, entremêlées de joies et de peines. Elles
visitent différents endroits et perçoivent de grands besoins.
Pendant qu’elles avancent ainsi dans l’inconnu, elles se sentent
bien entourées. Elles apprécient hautement la cordialité, le
désintéressement et les délicatesses des oblates, Suzanne et
Michelle. Et que dire du
témoignage de vie des Filles de la Charité où elles logent, à la
Capitale. « C’est indicible ce que nous avons reçu d’elles. Nous
avons vécu là des jours de ferveur, soulevées que nous étions par
l’exemple de leur vie donnée sans réserve, dans la joie, le travail
et l’observance religieuse ».
Au cours de ces nombreuses démarches, le Seigneur leur manifeste sa
volonté par l’intermédiaire de personnes et d’événements. Alors que
l’évêque de Santo Domingo veut les garder dans son diocèse, un
conseil venant du Père Émilien Tardif, m.s.c. les fait réfléchir :
Santo Domingo, leur dit-il, compte déjà beaucoup de
religieuses. Ses besoins sont moins pressants que ceux d’Higuëy. Il
faut considérer le rayonnement chez les pauvres.» Ces paroles
résonnent en elles comme celles de Reine Antier : « N’ayez
pas de préférence, sinon pour les moins doués et les plus pauvres. »
Le 4 août, jour de la fête du saint Curé d’Ars, dans la petite
église d’Higuëy, la lecture d’un passage du Document des évêques
d’Amérique latine les bouleverse profondément. Ce texte souligne que
« l’Église doit donner le témoignage en allant d’abord vers les
pauvres, les déshérités, les analphabètes… » Et elles qui
s’orientaient vers un hôpital à air climatisé.
Le lendemain, elles entendent Mgr Pepén leur dire : « Vous
n’irez pas à l’hôpital de la Romana, vous débuterez à Miches, par un
dispensaire, la catéchèse et les autres besoins du milieu. Êtes-vous
prêtes à cela ? » Elles répondent par un vibrant « Deo Gratias »!
Ainsi la Providence mettait fin à leurs recherches en leur montrant
clairement la voie où elles devaient marcher.
A la fin du mois d’août, elles arrivent enfin à Miches! Elles sont
accueillies par le bon Père Daniel. Les gens, heureux de leur
présence, vont les saluer, leur exprimer leur joie.
La petite maison où elles habiteront est située à deux
minutes de l’océan Atlantique. Le soir, elles peuvent s’endormir au
bruit des vagues! La fondation commence! Et l’œuvre existe
toujours! En cette année 2009, nous fêtons le 40e anniversaire de
notre présence dans ce pays!
En terminant, adressons en silence une prière à nos sœurs qui ont
œuvré dans cette mission et qui partagent maintenant la joie du
Père.
- A Sœur Noëlla Frève, fondatrice, décédée le 31 mai 2000.
- A Sœur Laurette Lavoie,
ex-maîtresse des novices, si attendue dans la mission. Elle fait
partie du 2e groupe de sœurs qui s’envole le 4 janvier
1970. Malheureusement, la maladie l’oblige à revenir au Québec dès
la fin février. Elle décède le 1e août de la même année.
- A Sœur Aline Ouellet, qui au printemps 1977, termine avec succès
son baccalauréat en théologie. Dès septembre, elle s’envole,
heureuse d’aller
œuvrer dans ce pays. Elle fait d’abord des stages à Miches et à
Santiago dans le but de découvrir où elle pourra le mieux réaliser
sa mission. Mais
voilà que des problèmes de santé se manifestent, ce qui la poussent
à revenir elle aussi, au pays natal, en mars 1978. Le 21 septembre,
à l’aube de
ses 31 ans, Aline entre dans la Maison du Père.
- A Sœur Louiselle Bélanger, infirmière. Arrivée en République
Dominicaine en 1977, elle travaille au dispensaire de Hato Mayor. Sa
joie de vivre
est communicative et appréciée de tous. En juin 1980, elle participe
à Porto Rico à une session sur la contemplation et en revient
comblée. En
octobre, sa santé est si fortement ébranlée qu’elle rentre au
Québec pour y être hospitalisée immédiatement. Elle nous quitte le
16 novembre de la
même année.
- Prions aussi le bon Père Daniel, Monseigneur Pepén et le Père
Emilien Tardif d’intercéder pour nous et pour cette œuvre.
         
Fondation au
Tchad en 1980
L’histoire de notre
présence au Tchad trouve ses origines dans les démarches faites par
l’évêque de Moundou, Monseigneur Régis Belzile, capucin canadien.
En 1977, il
exprime son désir que des Sœurs de l’Enfant-Jésus aillent dans ce
pays, où vivent différentes ethnies, pour donner le témoignage de
vie d’une communauté internationale. Informé, le Conseil général
mandate Sr Denise Lachance et Sr Rita Ménard pour investiguer sur
les possibilités d’une aide éventuelle dans ce diocèse. Mère
générale invite toutes les Sœurs de la congrégation à se solidariser
dans cette recherche du bon vouloir de Dieu. Un grand vent
de prière et de charité nous relie les unes aux autres…
Qu’en sera-t-il de cette démarche ?...
Nos deux envoyées,
parties en décembre, reviennent… font un rapport… Les responsables
analysent dans l’esprit du charisme…puis font appel aux sœurs qui se
sentent « une vocation d’apôtre »!
Puis des
difficultés, des événements déroutants surviennent et plongent la
communauté dans l’incertitude face à ce projet. Dans une lettre
datée du 4 mai 1979, Mgr Belzile communique l’état dans lequel est
plongé le Tchad : « La situation demeure toujours confuse et
tendue bien que la vie reprenne peu à peu son cours normal. Il faut
retrouver la confiance mutuelle pour la recherche des conditions
d’une paix juste et durable. »
Malgré la situation
incertaine qui sévit dans ce pays, le Conseil général décide, le 5
novembre 1979, de répondre affirmativement à Mgr Belzile en donnant
le service de trois Sœurs! L’événement est propre à la
congrégation tout entière! La nouvelle communauté aura un cachet
d’internationalité avec des Sœurs venant de France (Sr Claudia Pastre), du Japon (Sr Annette Bérubé) et du Canada (Sr Claudette
Roy).
Mais à quel endroit
iront-elles ?... En juillet 1980, Mgr Belzile écrit à la Supérieure
générale : « nous trouvons que le besoin le plus grand et le plus
urgent pour le service que nous attendons de vos Sœurs se trouve
présentement à Laï. »
L’heure du départ
est venue! Le 28 août, elles s’envolent pour Rome vers la maison du
généralat. L’Eucharistie dans laquelle est intégré un « envoi en
mission » raffermit nos missionnaires dans les exigences d’un appel
apostolique à la suite du Christ : « Êtes-vous prêtes à suivre le
Christ dans son anéantissement en vivant dans l’obéissance, la
chasteté et la pauvreté afin de vous laisser saisir de plus en plus
par Lui et d’en être les Témoins en Afrique ?» Enflammées et
décidées, elles répondent un « Amen » plein de confiance. Le
Seigneur Jésus n’a-t-il pas promis «d’être avec nous tous les
jours de notre vie » ? (Mt 28,20)
Le voyage vers
cette terre promise est parsemé de difficultés et d’imprévus de
toutes sortes : billets non
confirmés, surplus de bagages, routes impraticables, etc., mais ce
qui impressionne davantage nos Sœurs, c’est l’accueil encourageant
des missionnaires rencontrés à Léré et à Kélo! Enfin, le 1e
octobre, elles sont en route vers Laï! La saison de pluie vient de
finir et le chemin est exécrable… et pour traverser le Logone gonflé
à son maximum, il faut faire une 1ère expérience de
pirogue…! Les Oblates de St-Joseph de Guidari et de Laï sont là
pour leur offrir la bienvenue! Nos vaillantes missionnaires se
sentent heureuses et bénissent le Seigneur d’avoir ponctué de sa
main rassurante ce périple de plus de 30 jours!
Sitôt installées,
nos Sœurs s’engagent dans les activités paroissiales les plus
urgentes. Elles sont impressionnées par la grande pauvreté, la
famine, la maladie… L’adaptation se fait pénible au milieu de toutes
ces souffrances, tellement que la plus jeune sœur ne dure qu’un mois
et retourne au Canada. Bien grande épreuve de part et d’autres! Le
duo restant se confie à la Providence et poursuit sa mission…. Les
capucins sont pour elles de véritables frères qui leur partagent
leur riche expérience.
Pour souligner le
courage de nos Sœurs, il faudrait rappeler l’histoire de la guerre
qui sévit… les tentatives de coups d’État…, les tueries en
sourdine… Alors que les ressortissants sont priés de regagner leur
pays, nos missionnaires entrent au Tchad et persistent à croire que
l’amour de Dieu qu’elles portent apportera un baume auprès de
ces gens laissés sans ressource. Elles ont vécu ce que saint
François d’Assise disait à ses frères quand il les envoyait en
mission : « Abandonne au Seigneur tout souci et il prendra
soin de toi! » Chemins de
saint François, N° 50, Mars-avril 2009, page 5.
         
Fondation au
Cambodge
Notre Congrégation
est présente au Cambodge depuis 2002. Voyons cette belle page de
notre histoire!
Le Chapitre général
de 1998 encourage fortement le Conseil provincial du Japon d’aller
de l’avant dans son projet d’envoyer des sœurs dans un pays moins
favorisé d’Asie. Mais en quel pays?... Elles ne le savent pas!
De façon
providentielle, le Conseil provincial rencontre le Père Michitaka
YAMAGUCHI, qui a une expérience de vingt ans avec le Mouvement
missionnaire des laïcs japonais et qui connaît très bien les
pays d’Asie. Lorsque la Supérieure provinciale lui présente leurs
critères en vue d’une éventuelle insertion de religieuses dans un
pays défavorisé, il lui suggère immédiatement le Cambodge. Rappelons qu’à partir de 1968, ce pays fut précipité dans la guerre.
En 1975, le premier évêque khmer, Mgr Joseph Salas, ordonné depuis
3 jours seulement, ainsi que des prêtres et de nombreux Cambodgiens,
chrétiens ou non, furent envoyés dans les camps de travaux forcés
ouverts par les « Khmers rouges ». Le génocide de Pol Pot dura plus
de trois ans et fit près de deux millions de victimes, soit le quart
de la population.
Revenons à notre
histoire. En 2001, année du bicentenaire de la naissance de Reine Antier, les déléguées au Chapitre provincial du Japon adoptent la
proposition d’ouvrir une mission au Cambodge. C’est le 15 août, jour
de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie!
Le 5 juin 2002,
nos trois premières sœurs arrivent au Cambodge: Sr Sumie YAMASAKI,
Sr Sumiko KASHINO et Sr Kuniko SONODA. Elles sont accompagnées de Sr
Sayako KUROKI. Le lendemain de leur arrivée à Phnom Penh, elles se
rendent à l’église pour offrir au Seigneur une prière de
reconnaissance et d’abandon.
Comme toutes missionnaires, elles savent qu’elles seront confrontées
à une autre langue, une autre culture, d’autres habitudes…Mais
elles demeurent confiantes car elles croient profondément que le
Christ les accompagne : « Je suis avec vous tous les jours ». (Mt 28,20)
Durant les six premiers mois,
leur tâche consiste à étudier le khmer. Il leur en faut du courage
pour sortir dans cette ville (Phnom Penh) où personne ne parle
japonais.Chaque jour, malgré la chaleur torride, elles se rendent
en moto à l’école de langue. Au retour, elles font leurs courses
puis, en arrivant à leur habitation, elles font la cuisine, la
lessive et le ménage…Combien de nuits passent-elles sans sommeil,
couvertes de sueur et dérangées par les grenouilles qui coassent
et les insectes qui bourdonnent ?... Leur plus grande difficulté
(misère) est vraiment cette chaleur accablante et la lutte contre
les nuages de moustiques ou les colonnes de fournis! Peut-être
partagent-elles un peu les épreuves qu’ont connues les quatre
premières sœurs françaises lorsqu’elles sont arrivées au Japon?...
Fréquemment, elles ont à se rendre à la clinique ou à l’hôpital pour
des excès de fièvre, des troubles intestinaux, des blessures…
En décembre, elles
se dirigent vers Siem Reap pour mettre leur vie au service des
plus pauvres. C’est avec joie que le Père HERI, curé de la paroisse,
les accueille. Lorsqu’elles apprennent qu’elles sont attendues pour
participer aux activités de l’Église, elles jubilent et
s’émerveillent! Vraiment, le Seigneur les appelait en ce lieu! Le
projet des activités de l’Église présenté par le Père HERI
correspond bien au Charisme-mission de notre Congrégation. Elles
auront la tâche d’éduquer les enfants à l’hygiène (prendre une
douche) et d’organiser un programme pour la promotion de la santé
(distribuer lait et aliments aux enfants). Le Père souligne
l’importance de travailler en collaboration : prêtre, laïques et
religieuses.
L’arrivée, en avril
2003, de Sœur Louise Lafontaine, religieuse canadienne de
l’Assomption qui vécut durant de nombreuses années au Japon, fut
pour nos sœurs, une véritable bénédiction du Seigneur! Comme Sr
Louise parle couramment l’anglais et le français et qu’elle
s’exprime aussi en japonais, elle se fait volontiers l’interprète de
nos sœurs et collabore à leurs diverses activités.
Une année passe et
nos trois missionnaires font le bilan de leur expérience avec la
Supérieure provinciale et le Père HERI. Comme elles ne maîtrisent
pas encore le khmer et que leur connaissance de l’anglais est
insuffisante, elles ont constamment besoin d’interprètes. Vu ce
sérieux handicap, elles se demandent si leur présence est valable
et si elles font bien de demeurer dans ce pays. La réponse du Père HERI surgit, spontanée et directe : « Les Cambodgiens n’ont pas
besoin de langue humaine, ils ont besoin d’amour et vous leur
apportez la Parole de Dieu, vous rayonnez l’Amour de Dieu. Alors,
votre présence ici est très importante » !
On peut s’imaginer
qu’en entendant ces paroles encourageantes, nos vaillantes
missionnaires se sont rappelé ces mots de Reine Antier :
« Vous les toutes petites, associées de si près à la grande
œuvre de l’évangélisation, vous êtes bienheureuses »!
(Découvrir
Reine Antier, p. 14)


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