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Un
amour… qui s'enracine et s'étend
   
En
octobre 1846, S. Augustine se voit confier la mission de fonder,
avec une équipe de huit « sœurs »,
une nouvelle communauté à Chauffailles, village de la « lointaine
Bourgogne ».
Leur mission : ouvrir une école de filles à la demande du curé
et de la population dont le niveau
de vie commence à s'améliorer grâce au tissage de la soie…
Un mois plus tard, des jeunes filles demandent à partager la vie
et la mission de la communauté.
Un temps de formation leur est donné puis elles s'en vont fonder à
leur tour une école dans un village isolé...
Dès
cette première année, l'attention à la vie des habitants
engage S. Augustine et ses sœurs à ouvrir une garderie
pour les enfants laissés seuls pendant que leurs parents
travaillent aux champs ou au tissage… puis un hôpital
pour accueillir les malades sans famille…
Dans la paroisse, les Sœurs répondent aussi au besoin de formation
chrétienne pour les enfants et les groupes de jeunes...
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De
toute la région, on demande à S. Augustine des « sœurs
formées selon sa méthode et son esprit ».
En dix ans, celles-ci sont répandues dans près de soixante-dix
villages en cinq diocèses…
Bien enracinée dans cette région d'adoption elle en perçoit
clairement les besoins...
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Lorsqu'en
1857, elle apprend que le groupe formé à Chauffailles va
devenir congrégation autonome, elle est profondément troublée…
Elle prend conseil auprès du curé d'Ars qui lui confirme :
« Dieu vous veut à Chauffailles. Vous êtes entre
ses mains l'instrument qu'il a choisi pour établir son œuvre ».
Alors elle accepte de poursuivre la fondation.
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Le
14 septembre 1859, l'Église reconnaît l'existence de la
Congrégation des Sœurs de l'Enfant-Jésus de Chauffailles
qui compte alors 78 religieuses
et 14 novices…
Dès ce moment, participer à l'évangélisation hors de
France est prévu dans les textes
et dans les cœurs...
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…
dans la confiance et la liberté...
    
Dans sa
vie, comme dans ses écrits, sa direction à base de foi est toute
centrée sur l'amour...
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« Peut-on
croire que Dieu nous aime et ne pas se consumer d'amour
pour lui ? »
« Ouvrons les fenêtres de notre âme,
exposons-la au grand Soleil de l'Amour.
Oh ! mes enfants, qu'il est bon le bon Dieu!
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Loin
de nous une religion qui glace et resserre le cœur…
Rappelons-nous que nous sommes enfants de Dieu et vivons
dans la joie et dans une vraie liberté. »
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« …
jeter le passé dans la miséricorde de Dieu, le présent
à l'amour, et abandonner l'avenir à la Providence… »
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« …
en méditant le Mystère de l'Incarnation, nous
apprendrons non seulement à aimer Celui qui nous a tant
aimés mais à l'imiter…
… étonnement, admiration en voyant un Dieu pour
l'amour de nous s'incarner… mettons en lui toute notre
confiance… »
« Que rien ne vous trouble, ne vous ôte le calme
et la paix de l'âme. »
« Aimez-vous beaucoup, encouragez-vous au bien les
unes les autres… »
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Voyez
comme on est heureux au service de Dieu...
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« Tu
nous as faits pour toi, Seigneur et notre cœur est sans
repos tant qu'il ne demeure en toi » (St Augustin)
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…
dans la vie au quotidien...
    
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On
pouvait rencontrer S. Augustine dans tous les travaux
de la vie ordinaire : cuisine, ménage, lessive, etc.
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…
« Cela ne fait pas de mal ! Les mains calleuses et
les plus noircies seront les plus belles en paradis, »
disait-elle en riant...
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Elle
attachait beaucoup d'importance aux détails de la
vie :
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«
Vous avez de grands désirs de sainteté et vous rêvez
de beaux actes de vertus, mais où les
cherchez-vous?
Cueillez à votre portée les petites fleurs de
l'humilité et du renoncement… avec un grand amour
pour Jésus, uniquement pour lui plaire… »
« Je n'ai pas grande estime pour celles qui se
vantent à tout propos de franchir la mer et… qui se
noient dans un verre d'eau ! Soyons modestes, nous
sommes si petites… »
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« Allez
au cœur de Jésus. Il vous dira: je suis né
pauvre, j'ai vécu pauvre et je suis mort pauvre.
Voilà Celui que nous suivons… »
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« Qui
peut être bon pour les autres s'il ne l'est pas pour
soi-même ? Les saints font les saints. »
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… et
jusqu'au bout du monde
    
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«
Vous les toutes petites, associées de près à la grande
oeuvre de l'évangélisation,
vous êtes bienheureuses ». |
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Lorsqu'en
mai 1877, un premier groupe de sœurs quitte Chauffailles pour
le lointain Japon, un ardent désir de toute la Congrégation
trouve sa réalisation. En effet, depuis la fondation, les cœurs
vibrent et attendent impatiemment de pouvoir rejoindre celui
qui, vicaire à Chauffailles, avait participé à la formation
des novices 1858-1859. |

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De fait,
Bernard Petitjean, prêtre des Missions Étrangères de Paris, est
entré au Japon en 1863.
Et le 17 mars 1865, il a la joie de rencontrer des descendants des
premiers chrétiens baptisés
par saint François-Xavier au XV1e siècle.
Pendant près de trois siècles de persécutions violentes et de
fermeture du pays à tout étranger,
ils s'étaient transmis fidèlement l'essentiel de la foi chrétienne
sans sacrement autre que
le baptême
et en l'absence de tout prêtre.
Ils s'étaient aussi transmis la certitude qu'un jour des
missionnaires catholiques les rejoindraient
à nouveau,
reconnaissables à trois signes :
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la
dévotion à Marie |
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le
« chef » de Rome |
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le
célibat des prêtres |
Après
une dernière période de persécutions, les chrétiens peuvent
librement vivre leur foi à partir de 1873.
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À
Chauffailles, la nouvelle est accueillie avec joie : enfin la
Congrégation va « porter l'amour de Jésus
jusqu'aux extrémités de la terre »…
Au fil des années, une cinquantaine de sœurs quitteront
la France pour le Japon.
Un noviciat est ouvert en 1885. Aujourd'hui, les sœurs
japonaises quittent à leur tour leur pays pour participer à
l'évangélisation d'autres pays. |
En
France, au début du
XXe siècle, la pratique politique de la IIIe République se durcit
vis-à-vis de l'Église et interdit,
entre autres, l'enseignement aux Congrégations religieuses.
Ainsi entre juillet et octobre 1902, cent deux écoles où oeuvrent
des Sœurs de l'Enfant-Jésus sont fermées
par décret ministériel et les communautés expulsées…
Chaque sœur choisit alors personnellement sa voie :
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Poursuivre
la présence dans le monde scolaire et pour cela renoncer à tout
signe de consécration religieuse et à tout lien visible avec la
Congrégation; |
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Ou
bien quitter l'enseignement et inventer d'autres manières de vivre l'éducation
chrétienne, en paroisse et hors frontières… |
Dans
un cas comme dans l'autre, il s'agit d'un choix missionnaire qui lance
les quatre cents sœurs concernées
sur de nouveaux chemins d'évangélisation...
| 1904-1938 |
trois
communautés enseignent en Toscane, en Italie. |
| 1912 |
un
groupe venu du Japon rejoindra celui venant de France pour
s'implanter sur la Côte-Nord au Québec… Un noviciat
est ouvert à Rivière-du-Loup en 1917. Dix ans plus tard, des
sœurs canadiennes sont aussi présentes au Japon. |
| 1955 |
ouverture
d'une communauté dans l'île d'Amami-Oshima… puis
d'autres là où personne ne veut aller »... |
| 1965-1988 |
de
nouveau la Congrégation œuvre en Italie, à
Grottaferrata (Rome). |
| 1969 |
des
sœurs du Canada s'impliquent en République dominicaine et
accueillent des jeunes au noviciat à partir de 1978... |
| 1980 |
du
Canada, du Japon et de France, un premier groupe de Sœurs de
l'Enfant-Jésus arrive au Tchad... |
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Attentives
aux besoins de l'Église et du monde, nous nous voulons jour
après jour, disponibles pour de nouveaux horizons…
Conscientes de notre faiblesse, mais animées par
l'humble audace de Reine Antier, nous voulons avec elle que
toute notre vie soit employée à faire connaître et aimer
Celui qui nous a tant aimées. |

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