
CONGRÉGATION DES SOEURS
DE L'ENFANT-JÉSUS DE CHAUFFAILLES
(Province du Canada)
1912 à aujourd'hui
Cinquième enfant de la famille Antier, Reine voit le jour alors que son papa est décédé depuis quelques semaines.
Bien entourée par son frère et ses sœurs, aimée et respectée par sa mère comme un don du ciel après son veuvage, Reine grandit dans une famille très unie et profondément chrétienne.
Elle s'épanouit en découvrant ce qu'est aimer et être aimé, malgré l'absence du père et les difficultés qui en résultent…Avec toute sa famille, elle vient habiter à Varenne, chez un oncle « prêtre réfractaire ».

Un regard... qui s'éveille à la vie!

Là, à l'école de cet homme de foi et de grande humanité, Reine apprend à respecter infiniment toute vie. Elle apprend à aimer chaque personne pour qu'elle se reconnaisse aimée de Dieu lui-même.
Grâce à son oncle, elle a la chance de pouvoir étudier à l'Instruction du St-Enfant-Jésus du Puy-en-Velay.
À l'adolescence, Reine choisit de se consacrer au Seigneur…
Un essai au monastère des Ursulines de St-Chamond lui permet de reconnaître que là
n'est pas sa voie !...


Dès son plus jeune âge, deux passions l'habitent :
-
Partager avec les enfants du village ce qu'elle a et ce qu'elle apprend.
-
Visiter et aider les personnes pauvres et âgées des environs. On raconte qu'elle se faufilait parmi les mendiants pour recueillir quelques sous et les porter à un vieillard qui ne pouvait pas se déplacer...
Un amour... qui s'enracine et qui s'étend...
En octobre 1846, S. Augustine se voit confier la mission de fonder, avec une équipe de huit « sœurs »,
une nouvelle communauté à Chauffailles, village de la « lointaine Bourgogne ».
Leur mission : ouvrir une école de filles à la demande du curé et de la population dont le niveau
de vie commence à s'améliorer grâce au tissage de la soie…
Un mois plus tard, des jeunes filles demandent à partager la vie et la mission de la communauté.
Un temps de formation leur est donné puis elles s'en vont fonder à leur tour une école dans un village isolé...
Dès cette première année, l'attention à la vie des habitants engage S. Augustine et ses sœurs à ouvrir une garderie pour les enfants laissés seuls pendant que leurs parents travaillent aux champs ou au tissage puis un hôpital pour accueillir les malades sans famille…
Dans la paroisse, les Sœurs répondent aussi au besoin de formation chrétienne pour les enfants et les groupes de jeunes...

De toute la région, on demande à S. Augustine des « sœurs formées selon sa méthode et son esprit ».
En dix ans, celles-ci sont répandues dans près de soixante-dix villages en cinq diocèses.
Bien enracinée dans cette région d'adoption elle en perçoit clairement les besoins...

Lorsqu'en 1857, elle apprend que le groupe formé à Chauffailles va devenir congrégation autonome, elle est profondément troublée…
Elle prend conseil auprès du curé d'Ars qui lui confirme : « Dieu vous veut à Chauffailles. Vous êtes entre ses mains l'instrument qu'il a choisi pour établir son œuvre ». Alors elle accepte de poursuivre la fondation.
Le 14 septembre 1859, l'Église reconnaît l'existence de la Congrégation des Sœurs de l'Enfant-Jésus de Chauffailles qui compte alors 78 religieuses
et 14 novices…
Dès ce moment, participer à l'évangélisation hors de France est prévu dans les textes
et dans les cœurs...

...dans la confiance et la liberté...
Dans sa vie, comme dans ses écrits, sa direction à base de foi est toute centrée sur l'amour...
« Peut-on croire que Dieu nous aime et ne pas se consumer d'amour pour lui ?
Ouvrons les fenêtres de notre âme, exposons-la au grand Soleil de l'Amour.
Oh ! mes enfants, qu'il est bon le bon Dieu!
Loin de nous une religion qui glace et resserre le cœur... Rappelons-nous que nous sommes enfants de Dieu et vivons dans la joie et dans une vraie liberté. »
« … jeter le passé dans la miséricorde de Dieu, le présent à l'amour, et abandonner l'avenir à la Providence… »

« … en méditant le Mystère de l'Incarnation, nous apprendrons non seulement à aimer Celui qui nous a tant aimés mais à l'imiter…
…étonnement, admiration en voyant un Dieu pour l'amour de nous s'incarner… mettons en lui toute notre confiance… »
« Que rien ne vous trouble, ne vous ôte le calme et la paix de l'âme. »
« Aimez-vous beaucoup, encouragez-vous au bien les unes les autres… »

Voyez comme on est heureux au service de Dieu...
« Tu nous as faits pour toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi » (St Augustin)
... dans la vie au quotidien...
« Avant de vous livrer à un travail, tournez votre pensée vers la Trinité qui est en vous » ...
On pouvait rencontrer S. Augustine dans tous les travaux de la vie ordinaire : cuisine, ménage, lessive, etc.
… « Cela ne fait pas de mal ! Les mains calleuses et les plus noircies seront les plus belles en paradis, » disait-elle en riant...

Elle attachait beaucoup d'importance aux détails de la vie :
« Vous avez de grands désirs de sainteté et vous rêvez de beaux actes de vertus, mais où les cherchez-vous?
Cueillez à votre portée les petites fleurs de l'humilité et du renoncement… avec un grand amour pour Jésus, uniquement pour lui plaire… »
« Je n'ai pas grande estime pour celles qui se vantent à tout propos de franchir la mer et… qui se noient dans un verre d'eau ! Soyons modestes, nous sommes si petites… »

« Allez au cœur de Jésus. Il vous dira: je suis né pauvre, j'ai vécu pauvre et je suis mort pauvre. Voilà Celui que nous suivons… »
« Qui peut être bon pour les autres s'il ne l'est pas pour soi-même ? Les saints font les saints. »
« Bienheureuses seriez-vous si vous fixiez à jamais votre demeure sous l'humble toit de Nazareth !… »
Un coeur... qui accueille et discerne

Avec confiance, Reine reprend le chemin du Puy-en-Velay où elle avait étudié…
Habitée du désir de vivre intimement avec Dieu, soutenue par une communauté qui veut entraîner les jeunes sur ce chemin du vrai bonheur, elle est accueillie par la Société du Saint-Enfant-Jésus du Puy…
En 1823, elle s'engage comme membre de ce groupement de femmes consacrées à Dieu pour « instruire de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ »… Reine - appelée Sœur Augustine - se sent bien dans l'intuition d'Anne-Marie Martel qui est à l'origine de ce mouvement né au XVIIe siècle pour vulgariser l'enseignement de la foi donné par les prêtres sulpiciens du Séminaire du Puy et en faire profiter les personnes illettrées ou habitant les villages isolés dans la montagne...


Elle est envoyée dans différentes communautés participant à la fondation de plusieurs écoles. C'est surtout la vie à St-Didier qui l'a profondément marquée...
Avec toute la communauté, sœur Augustine met tout en œuvre pour « former des chrétiennes et de bonnes mères de famille » par l'éducation des filles à l'école...
Rapidement, elle perçoit l'urgence de l'évangélisation non seulement des enfants mais de la famille entière… Alors, elle crée des groupements pour les filles, pour les femmes, pour les hommes.


Ses préférences vont aux plus pauvres : l'humble couvent est ouvert à tous. On partage les joies et les peines et on s'entraide dans la fidélité de tous les jours...
En partageant avec les animatrices de communautés chrétiennes des hameaux de la montagne - qu'on appelle dans la région : Béates - S. Augustine confirme sa propre vocation et sa démarche apostolique.