Canada

Fondation en 1912

 

 

A la mort de Reine Antier, la congrégation compte 356 professes, 16 novices et 7 postulantes. Elle possède 111 établissements.

 

Malheureusement, les lois de 1901 (en France)  assènent un coup terrible à la congrégation. 70 écoles sont fermées le même jour et les Sœurs, expulsées de leurs locaux. En tout, 102 établissements sont détruits. Pourtant, la congrégation conservait une existence légale, due à un décret de l’empereur Napoléon III, qui l’autorisait en tant que Société enseignante et hospitalière.

 

 

Dans le but de poursuivre l’œuvre de l’éducation des filles, des Sœurs se sécularisent. La congrégation  perd la plupart des jeunes Sœurs et le noviciat est fermé. Quelles prières ferventes  montent vers le Seigneur face à cet avenir si sombre!

 

Les Supérieures se débattent dans d’innombrables difficultés sans pourtant jamais perdre confiance. Comme beaucoup d’autres communautés religieuses, elles cherchent à s’implanter hors de France. En 1903, des sœurs partent en Italie.

 

Et voici qu’une demande inattendue vient intensifier leur espérance! Mgr Gustave BLANCHE, Vicaire apostolique du Golfe St-Laurent, de la province de Québec au Canada, désire vingt Sœurs pour diriger les écoles de filles dans plusieurs de ses paroisses. Au cours de l’été 1912, elles seront, non pas vingt mais quatorze à débarquer sur la Côte Nord et à se répartir dans quatre postes : Sept-Iles, Pointe-au-tonnerre, Pointe-aux-Esquimaux et Natashquan.

 

Les conditions de vie des Sœurs sont extrêmement difficiles. Le climat est rigoureux

et l’isolement immense. De plus, elles perçoivent la stérilité de leurs efforts pour

découvrir des vocations dans ces milieux. Elles cherchent donc un endroit plus favorable pour réaliser leurs desseins.

 

La Providence veille sur elles. En avril 1916, par l’intermédiaire d’un Père dominicain, elles apprennent que le curé de St-François-Xavier, de Rivière-du-Loup, cherche des religieuses pour son école de filles. Des démarches sont vite entreprises et, le 7 mai 1917, deux Sœurs arrivent dans cette ville. Au cours de l’été, douze autres Sœurs s’ajouteront dont deux françaises venant directement du Japon où elles étaient missionnaires.

 

La construction du couvent n’étant pas terminée, les Sœurs s’établissent dans la sacristie de l’église. Les lieux sont exigus mais l’avenir s’annonce prometteur et les sœurs sont heureuses. A peine arrivées, elles accueillent six jeunes filles comme postulantes. Le Seigneur manifeste ses largesses et ses dons. Qu’il en soit béni et glorifié !

 

Le 5 septembre, cinq d’entre elles déménagent à Saint-Ludger, paroisse voisine, pour dispenser l’enseignement aux filles dans un couvent… encore inexistant!

 

Prenons le temps de nous émerveiller du grand esprit congrégationnel qui animait nos sœurs. Voyons quelques exemples choisis parmi nos Sœurs arrivées sur la Côte Nord :

 

  • Mère Ildephonse, missionnaire au Japon depuis 17 ans, accepte de venir au Canada. Après son retour en France, en 1919, elle retournera au Japon pour cinq autres années.

  • Sr Marie-Priscilla, 22 ans, est professe depuis un mois seulement!

  • Sr Emérence était allée en Italie pendant plus de trois ans.

  • Sr Marie-Baptistine a 25 ans lorsqu’elle arrive au Québec. Cependant, depuis               longtemps, elle avait au cœur le désir d’être missionnaire au Japon. Son rêve se réalise en 1930 lorsqu’elle part pour ce pays avec Sr St-Paul (canadienne) . Elle y restera 22 ans et Sr St-Paul 36 ans.

 

Et ce n’est pas tout! Trois sœurs françaises, missionnaires au Japon, sont venues directement de ce pays pour fonder en terre canadienne. Elles ont été

envoyées par Mère St-Elie, l’une des quatre fondatrices choisies et envoyées au Japon

par Reine Antier en 1877.  Ce sont :

 

  • S. Marie-de-l’Incarnation qui a  26 ans de vie missionnaire. Elle avait fait profession des mains de Reine Antier.

  • Sr Stanislas, avec une expérience de 26 ans aussi au Japon. Elle était novice quand Reine Antier est décédée. Elle mourra subitement en 1914 à Pointe-aux-Esquimaux.

  • Sr Marcelle qui était au Japon depuis 14 ans.

 

Et lorsqu’en 1917, les sœurs de la Côte-Nord essaiment vers Rivière-du-Loup, deux autres Sœurs françaises, missionnaires au Japon, viennent les rejoindre: Sr Marie-Flavie, missionnaire depuis 23 ans et Sr St-François-Xavier, depuis 10 ans. Celle-ci y retournera en 1928 accompagnée de Sr St-Stanislas, première sœur canadienne à partir pour le Japon.

 

Comment ne pas nous émerveiller du témoignage de ces sœurs totalement données au Seigneur et qui se sont montrées disponibles pour le servir en tous lieux ! Oui, ces sœurs pouvaient chanter : « Tu es, Seigneur, mon héritage ! Mon bonheur, c’est toi! »