

CONGRÉGATION DES SOEURS
DE L'ENFANT-JÉSUS DE CHAUFFAILLES
(Province du Canada)
1912 à aujourd'hui


Rivière-du-Loup (Saint-Ludger)
De l'autre côté de la rivière

La paroisse de Saint-Ludger est érigée en 1905. L'abbé Léonce Vézina, zélé pasteur et collaborateur, en devient le curé fondateur.
Une école, construite pour les filles en 1910, est incendiée en 1917. Lorsque monsieur le curé apprend que les religieuses de l'Enfant-Jésus viennent s'installer à Rivière-du-Loup, il s'empresse de présenter une requête pour son école de filles. Heureusement, sa demande est exaucée.
Le 5 septembre 1917, cinq religieuses parmi les quatorze déjà à Saint-François-Xavier depuis le 6 juillet, acceptent de traverser la rivière pour prendre la responsabilité du futur couvent.
Le contingent est formé de Sr Marie-de-l'Incarnation, supérieure, qui compte vingt-sept ans de vie missionnaire au Japon, de Sr Saint-Augustin, son assistante, Sr Saint-Cyr, Sr Marie-Baptistine et Sr Marie-Priscilla. Le jeune Émile Lévesque, alors âgé de 12 ans, s'offre à transporter les bagages des religieuses avec le cheval et la voiture de son père.
Dès le lendemain, quatre des nouvelles venues inaugurent leur mission d'enseignante dans la partie de l'Hôtel Anctil, rue Témiscouata où la Commission scolaire a loué des locaux pour les classes.
Au départ, les religieuses logent chez madame Réjean Fortin au 66, rue Alexandre. L'abbé Vézina, éducateur né, porte à ses soeurs et aux élèves un intérêt qui ne se mesure pas. Il considère la formation de la jeunesse comme un point primordial de son ministère. Il s'en occupe avec un zèle infatigable. Leur santé, comme leurs progrès spirituels, sont l'objet de sa sollicitude. Les soeurs se sentent à l'aise, et le cachet de simplicité des enfants ainsi que la sympathie de leurs familles les rejoignent très rapidement.

Hôtel Anctil
Au point de vue matériel, l'inconvénient le plus redoutable est le froid, car les classes se trouvent près de la rivière. Le grand escalier et la côte qui les conduisent à leur logis deviennent pénibles surtout aux jours de grands vents. Malgré ces sacrifices, toutes ont gardé un bon souvenir des débuts.

En janvier 1918, le couvent est terminé: une construction qui couronne la colline en arrière de l'église. Au nord et au nord-est s'étendent des terrains à peu près incultes. C'est un lieu solitaire et favorable au travail scolaire. Des voisins bienveillants se dévouent pour labourer le terrain. Le rocher du milieu est disposé pour devenir le piédestal d'une statue de saint Joseph auquel les religieuses ont une grande dévotion. En septembre, deux autres religieuses se joindront au personnel : Sr Joannès et Sr Constance.
Dès leur arrivée, les sœurs deviennent responsables de la sacristie. Sous la direction de Sr Baptistine, les élèves plus âgées forment un choeur de chant très apprécié lors des fêtes.
Le Couvent de Saint-Ludger
La première messe est célébrée en la chapelle du couvent le 9 janvier 1919 par monsieur le curé lui-même.
Le Congrès eucharistique de 1927 a permis aux sœurs d'exercer leurs talents. Dans toute la ville, de nombreuses arches ornaient les rues.

Arche - Congrès Eucharistique de 1927

Église Saint-Ludger
En 1928, Sr Joannès vient prendre la direction de l'école qui prospère de façon remarquable. Cette dernière a fait sa marque à Saint-Ludger par son amour et son dévouement pour les démunis de tous genres. « Copie vivante de Mère Antier », pendant douze ans, elle ne se lassera pas de laver l'un ou l'autre de ces petits, de revêtir telle petite fille d'un joli tablier à dentelles.

En 1935, Sr Joannès obtint de la Commission scolaire la belle statue de saint Joseph, auquel elle avait une dévotion particulière. Cette statue embellit désormais l'entrée du cimetière de la paroisse situé au 12, rue Marcel, Rivière-du-Loup.
À l'œuvre depuis 1905, l'abbé Vézina s'est dépensé sans compter. Il décède le 16 janvier 1942. Grand deuil pour la paroisse. Le couvent perd son plus sage conseiller et son plus fidèle appui.
L'abbé Gilbert Dupuis le remplace et fait vite la conquête des enfants et des paroissiens.
L'isolement des premiers temps est en voie de disparaître grâce à l'arrivée de la ligne du C.N.R. qui favorisera la construction de nouvelles résidences. Inévitablement, le poulailler, dont Sr Constance, Sr Joannès et Sr Marcellin se sont occupées avec un humble dévouement, a dû lever sa tente. Adieu, les bons oeufs frais! Le jardin lui-même réduit ses dimensions pour permettre l'agrandissement de la cour des élèves. L'allée du centre devient un chemin public recouvert d'asphalte; lieu d'exercices pour les apprentis de la bicyclette.
La population, qui avait fléchi un certain temps, remonte grâce à l'exploitation d'une tourbière en 1957. Dès l'été 1958, un plan se prépare pour accueillir six autres classes. À la rentrée de septembre, les élèves se présentent au nombre de 324. La bénédiction de l'agrandissement a lieu le 21 décembre 1958. Désormais, le couvent sera dédié à Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.

La bénédiction de l'agrandissement a lieu le 21 décembre 1958.

À son tour, Mère Raphaël a dirigé la maison de 1953 à 1959.
Au printemps 1962, l'abbé Marius Rioux quitte la paroisse pour aller oeuvrer au Nicaragua. Sr Marie-de-la-Trinité (Madeleine Gendron), ancienne élève, prend la direction du couvent. En 1963, les nouveaux programmes scolaires exigent le transfert des élèves des cours de sciences-lettres à Saint-François-Xavier. C'est le début de la fin du cours secondaire dans les paroisses. L'heure de la centralisation a sonné. En conséquence, le nombre de religieuses chute à dix.
DÉPART DU COUVENT
En mai 1972, des changements s'annoncent : les inscriptions augmentant, il faut prévoir de nouveaux locaux. Par conséquent, les espaces occupés par la Communauté seront cédés à la Commission scolaire. Pendant un certain temps, tout en continuant d'enseigner, les religieuses vivront à la Maison provinciale. Cependant, après deux ans, elles reviennent dans le milieu de façon plus discrète, mais réelle. Elles résideront au 20, rue Bernier et ensuite au 50, rue Alexandre. En 1979, la coquette maison du 37, rue Picard devient leur domicile jusqu'à la vente en juillet 2025.

37, rue Picard à Rivière-du-Loup
À la suite de Reine Antier, cent quarante-quatre soeurs, selon leur compétence et leur disponibilité, ont fait jaillir la vie dans cette paroisse pendant cent-six ans. De plus, dix-neuf soeurs, natives de la paroisse, se sont engagées dans la Congrégation des Soeurs de l'Enfant-Jésus.
L'abbé Ronald Landry a dit un jour « Que votre communauté, qui a marqué l'histoire de ce coin de pays, demeure toujours ce phare qui éclaire et qui sécurise ».