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Canada - St-Ludger

De l'autre côté de la rivière

La paroisse de Saint-Ludger est érigée en 1905.  L'abbé Léonce Vézina, zélé Pasteur et collaborateur, en devient le curé fondateur.

Une école, construite pour les filles en 1910, est incendiée en 1917. Lorsque Monsieur le Curé apprend que les religieuses de l'Enfant-Jésus viennent s'installer à Rivière-du-Loup, il s'empresse de présenter une requête pour son école de filles. Heureusement, sa demande est exaucée. 

Le 5 septembre 1917, cinq religieuses parmi les quatorze déjà à St-François-Xavier depuis le 6 juillet, acceptent de traverser la rivière pour prendre la responsabilité du futur couvent. 

 

Le contingent est formé de Sr Marie-de-l'Incarnation, supérieure, qui compte vingt-sept ans de vie missionnaire au Japon, Sr Saint-Augustin, son assistance, Sr Saint-Cyr, Sr Marie-Baptistine et Sr Marie-Priscilla. Le jeune Émile Lévesque, alors âgé de 12 ans, s'offre à transporter les bagages des religieuses avec le cheval et la voiture de son père.

Dès le lendemain, quatre des nouvelles venues inaugurent leur mission d'enseignante dans la partie de l'Hôtel Anctil, rue Témiscouata, ou la Commission scolaire a loué des locaux pour les classes.

 

Au départ, les religieuses logent chez Madame Réjean Fortin au 66, rue Alexandre. L'abbé Vézina, éducateur né porte à ses soeurs et aux élèves un intérêt qui ne se mesure pas. Il considère la formation de la jeunesse comme un point primordial de son ministère. Il s'en occupe avec un zèle infatigable. Leur santé, comme leurs progrès spirituels, sont l'objet de sa sollicitude. Les soeurs se sentent à l'aise, et le cachet de simplicité des enfants ainsi que la sympathie de leurs familles les rejoignent très rapidement.

Hôtel Anctil

Au point de vue matériel, l'inconvénient le plus redoutable est le froid, car les classes se trouvent près de la rivière. Le grand escalier et la côte qui les conduisent à leur logis deviennent pénibles surtout aux jours de grands vents. Malgré ces sacrifices, toutes ont gardé un bon souvenir des débuts.

En janvier 1918, le couvent est terminé:  une construction qui couronne la colline en arrière de l'église. Au nord et au nord-est s'étendent des terrains à peu près incultes. C'est un lieu solitaire et favorable au travail scolaire. Des voisins bienveillants se dévouent pour labourer le terrain. Le rocher du milieu est disposé pour devenir le piédestal d'une statue de Saint-Joseph auquel les religieuses ont une grande dévotion. En septembre, deux autres religieuses se joindront au personnel : Sr Joannès et Sr Constance.

 

Dès leur arrivée, les sœurs deviennent responsables de la  sacristie.  Sous la direction de Sr Baptistine, les élèves plus âgées forment un choeur de chant très apprécié lors des fêtes.

Le Couvent de Saint-Ludger

La première messe est célébrée en la chapelle du couvent le 9 janvier 1919 par Monsieur le Curé lui-même.

Le Congrès eucharistique de 1927 a permis aux sœurs d'exercer leurs talents. Dans toute la ville, de nombreuses arches ornaient les rues. 

En 1928,  Sr Joannès vient prendre la direction de l'école qui prospère de façon remarquable. Cette dernière a fait sa marque à Saint-Ludger par son amour et son dévouement pour les démunis de tous genres. " Copie vivante de Mère Antier ", pendant douze ans, elle ne se lassera pas de laver l'un ou l'autre de ces petits, de revêtir telle petite fille d'un joli tablier à dentelles.

Arche - Congrès Eucharistique de 1927

Église Saint-Ludger

En 1935, Sr Joannès obtint de la Commission scolaire la belle statue de Saint-Joseph, auquel elle avait une dévotion particulière. Cette statue embellit désormais l'entrée du cimetière de la paroisse situé au 12, rue Marcel Rivière-du-Loup.

DEUIL DANS LA PAROISSE

 

À l'œuvre depuis 1905, Monsieur l'Abbé Vézina s'est dépensé sans compter. Il décède le 16 janvier 1942. Grand  deuil pour la paroisse. Le couvent perd son plus sage conseiller et son plus fidèle appui.

 

L'abbé Gilbert Dupuis le remplace et fait vite la conquête des enfants et des paroissiens. 

L'isolement des premiers temps est en voie de disparaître grâce à l'arrivée de la ligne du C.N.R. qui favorisera la construction de nouvelles résidences. Inévitablement, le poulailler, dont Sr Constance, Sr Joannès et Sr Marcellin se sont occupées avec un humble dévouement, a dû lever sa tente. Adieu les bons oeufs frais! Le jardins lui-même réduit ses dimensions pour permettre l'agrandissement de la cour des élèves. L'allée du centre devient chemin public recouvert d'asphalte...lieu d'exercices pour les apprentis de la bicyclette.

La population, qui avait fléchi un certain temps, remonte grâce à l'exploitation d'une tourbière en 1957. Dès l'été 1958, un plan se prépare pour accueillir six autres classes. À la rentrée de septembre, les élèves se présentent au nombre de 324. La bénédiction de l'agrandissement a lieu le 21 décembre 1958. Désormais le couvent sera dédié à Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. 

La bénédiction de l'agrandissement a lieu le 21 décembre 1958.

À son tour, Mère Raphaël a dirigé la maison de 1953 à 1959.

Au printemps 1962, l'abbé Marius Rioux quitte la paroisse pour aller oeuvrer au Nicaragua. Sr Marie-de-la-Trinité (Madeleine Gendron) ancienne élève, prend la direction du couvent. En 1963, les nouveaux programmes scolaires exigent le transfert des élèves des cours sciences-lettres à Saint-François-Xavier. C'est le début de la fin du cours secondaire dans les paroisses. L'heure de la centralisation a sonné. En conséquence, le nombre de religieuses chute à dix.

DÉPART DU COUVENT

 

En mai 1972, plusieurs changements couvent à l'horizon. Les inscriptions augmentant, il faut prévoir de nouveaux locaux. D'autre part, compte tenu de certaines circonstances, les autorités envisagent le retrait des religieuses, ce qui ne fait pas l'affaire de plusieurs paroissiens et paroissiennes. Leur manifestation n'a pas été entendue et le déménagement se réalise. Leur départ cause un profond vide. Cependant, après deux ans, elle reviennent dans le milieu de façon plus discrète, mais réelle. Elles résideront au 20, rue Bernier et ensuite au 50, rue Alexandre. En 1979, la coquette maison du 37, rue Picard, devient leur domicile jusqu'à la vente en juillet 2025.

 

À la suite de Reine Antier, cent quarante quatre soeurs selon leur compétence et leur disponibilité ont fait jaillir la vie dans cette paroisse pendant cent-six ans. De plus, dix-neuf soeurs, natives de la paroisse, se sont engagées dans la Congrégation des Soeurs de l'Enfant-Jésus.

L'abbé Ronald Landry a dit un jour " Que votre communauté, qui a marqué l'histoire de ce coin de pays, demeure toujours ce phare qui éclaire et qui sécurise ".

Parmi celles qui demeurent actuellement au 37 rue Picard, nous retrouvons: S. Graciella Caron. Elle visite des personnes âgées en atténuant leur solitude, leur ennui. Elle se fait proche aussi des petits en animant un groupe de jeunes de «Sentiers d'Évangile» 6-7 ans. Elle s'implique aussi quand des besoins lui sont manifestés. 

S. Lucienne Beaulieu, pour sa part, apporte réconfort aux démunis par le biais de l'Atelier du Bonheur où elle a maintes occasions de semer la joie et de faire grandir la vie. Aussi, elle se fait proche des jeunes en animant des groupes «Pèlerins d'Évangile» qui, cette année réfléchissent à partir du volume : «L'amour en Fête».  D'autres engagements occasionnels, i.e. auprès des Associés, font aussi partie de son quotidien. 

Nous retrouvons Denise dans  une famille qui a demandé le baptême de leur 4e enfant. Ces gens se montrent accueillants  et ouverts à la préparation au baptême.

 

Denise s'implique aussi, dans la catéchèse des jeunes et selon sespossibilités dans des services  pastoraux ayant à cœur de témoigner de la tendresse d'un Dieu qui nous aime.

Parmi ces petits services qui rejoignent l'une ou l'autre et/ou les trois, on peut mentionner celui d'un partage spirituel  à l'occasion du temps de l'Avent et du Carême avec un petit groupe de paroissiens. C'est un moment de réflexion, de prière et d'accueil de la Bonne Nouvelle.  Elles assurent leur participation au niveau paroissial : à la célébration eucharistique en acceptant de proclamer la Parole, le ministère de la communion, la distribution des feuillets paroissiaux à domicile, assistance aux funérailles, elles ont aussi des engagements au niveau de leur communauté religieuse, i.e. membre de Comités, animation d'un groupe d'Associé(e)s, etc. 

 

En un mot, là où elles sont en service, elles essaient d'être le cœur, le pied et les mains de l'amour de Dieu autour d'elles.  Et comment cela se manifeste-t-il ?  En respectant les responsabilités confiées, en participant à diverses activités communautaires, paroissiales, diocésaines où elles aiment être présentes toutes les fois qu'elles le peuvent.  

 

Elles essaient de se joindre aux paroissiens pour vivre les célébrations religieuses, sociales et civiles dans le milieu en participant ou en étant présentes à ces événements,  tels :

  • La célébration religieuse des jubilés d'ordination sacerdotale, de mariage (photo ci-contre);

 

  • Les fêtes du 50e, 75e et 100e de fondation de Saint-Ludger;

 

  • La bénédiction de la Croix lumineuse à Saint-Ludger, après sa restauration;

 

  • Brunchs et repas paroissiaux;

 

  • Assistance aux funérailles;

 

  • La Fête des Neiges;

 

  • Concours de sculpture sur neige;

 

  • Et plus encore.

Elles ont accueilli la reconnaissance exprimée par les paroissiens à l'occasion des 70 ans d'arrivée et sont récidivées lors des 90 ans de présence dans cette paroisse où l'on souligne aussi le 150e de Fondation de la Congrégation des REJ.

Leur fondatrice, Reine Antier, leur a légué un héritage dont elles sont fières. Par leur présence, elles veulent dire au monde d'aujourd'hui combien le Seigneur est bon et miséricordieux. Un des aspects de la vie de Jésus que vivait Reine Antier et que chaque sœur de l'Enfant-Jésus porte dans son cœur est le grand mystère d'amour d'un Dieu qui se fait proche de nous : «le mystère de l'Incarnation».

 

Les sœurs de lEnfant-Jésus se veulent ouvertes et disponibles aux demandes de lÉglise adressées par leur Évêque. C'est pourquoi vous les voyez, comme cité ci-dessus, dans l'éducation chrétienne, auprès des jeunes, des adultes, des personnes âgées, des démunis, et des malades. Elles se retrouvent aussi en pastorale paroissiale, sociale et caritative.

Résidence des sœurs aujourd'hui, 37, rue Picard

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