Homélie de l'abbé Yvan Michaud

 

Le 8 janvier 2017, lors de la messe d’ouverture des célébrations du centenaire de l’arrivée des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles, à Rivière-du-Loup.

 

Même s'ils ne sont pas trois, même s'ils ne sont pas rois, même s'ils n'ont pas de nom, même si leur histoire ressemble à un conte « Il était une fois des mages… »", que m'importe ! Ce n'est pas leur histoire qui m'intéresse mais ce que Dieu me dit, à moi aujourd'hui, quand j'entends cette page d'évangile. Et qu'est-ce que j'entends ? Que j'ai de la route à faire pour trouver Dieu. Une longue marche, semée d'embûches, d'arrêts, de tâtonnements, d'interrogations de toutes sortes, mais une marche à l'étoile, parce qu'il a gravé dans mon cœur d'homme cet appel à aimer qui m'attire vers le vrai, le beau, le bon. Il n'y a qu'un chemin vers Dieu : être amour. À chacun d'inventer son chemin d'amour… Qu'est-ce que j'entends encore dans cet évangile ? Que j'ai à passer par Jérusalem ─ l'Église ─ pour y entendre la Parole, celle qui me dit où est Dieu, mais qui me dit aussi que Jérusalem n'est pas son domicile, sa résidence, son palais, mais seulement une étape vers sa demeure, Bethléem, la maison du pain, du pain eucharistique et

du pain partagé. Et quoi encore ? Qu'il me faut renoncer à savoir d'avance où, quand et comment je vais rencontrer Dieu, mais qu'il me faut être prêt à le rencontrer n'importe où, n'importe quand, n'importe comment. Que ça me demande de me dépouiller de mes idées sur lui, de mes rêves, de mes attentes, en un mot de me faire pauvre pour qu'il puisse m'enrichir de Lui. Que je serai peut-être étonné, choqué, voire scandalisé de le trouver couché dans une mangeoire, que je serai peut-être alors tenté de me détourner de Lui pour le chercher ailleurs, mais que le Bonheur c'est d'accepter de se prosterner devant un berceau et de donner le meilleur de moi-même ─ mon or, mon encens, ma myrrhe ─ à ce moins que rien de bébé pauvre, dont mon étoile-Amour me dit qu'il est Dieu-avec-nous. « Bienheureux les cœurs purs, parce que pauvres, désencombrés, ouverts, accueillants, disponibles : ils verront Dieu ». « Quand est-ce que nous t'avons vu ? » demanderont les élus de Dieu. « Chaque fois que tu as vu un frère ». Le message de l'Épiphanie, après celui de Noël, nous confirme que Dieu, maintenant, c'est l'homme, c'est tout homme qui en est le Signe et que c'est là, dans l'humanité de l'homme, qu'il nous donne rendez-vous. Si on cherche l'homme authentiquement, on finit toujours par trouver Dieu. Si tu es dans l'amour, tu es en Dieu, parce que « Dieu est amour » …

Yvan Michaud, prêtre

Aumônier à la maison provinciale